Partager l'article ! Melanchus et Cincinnatus: Trouvé ce texte de Michel Naudy qui fut journaliste à l'Huma en un temps où le quotidien s'affichait fièrement ...
« La raison ultime de toute véritable crise demeure toujours la pauvreté et la limitation de la consommation des masses, en face de la tendance de la production capitaliste à développer les forces productives comme s’ils n’avaient pour limite que la capacité de consommation absolue de la société »
Karl Marx Le Capital
Il faut continuer à dénoncer et à combattre l'injustice sociale. Le monde ne guérira pas tout seul.
Eric Hobsbawn
"Les hommes font leur propre histoire.Ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse très lourd sur le cerveau des vivants"
Karl Marx -le 18 brumaire de Louis Bonaparte-(1851, 1ère partie)
Élisée RECLUS, communard, géographe
« Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait tout simplement l’existence même de l’humanité. Ayons le courage de dire tout haut que toutes les armes, qu’elles soient nucléaires ou classiques, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! »
Fidel CASTRO
(nov 2010)
Trouvé ce texte de Michel Naudy qui fut journaliste à l'Huma en un temps où le quotidien s'affichait fièrement comme communiste.
Une approche personnelle dont La Canaille partage particulièrement la chute.
Mélenchon, la charrue et la calculette
Vendredi 20 mai 2011
par Michel
Naudy
Depuis la mise en détention de M. Strauss-Kahn, M. Mélenchon est inquiet.
Non pas du symptôme nauséabond que constitue cet épisode, ultime conséquence malodorante du mode de reproduction du pouvoir qui se croit tout permis même en ses alcôves.
Non, Mélenchon a peur des conséquences de cette farce tragique pour la rente électorale qu’il espère se constituer l’année prochaine. En effet, afin de se tailler un strapontin médiatique destiné à s’imposer face à un candidat communiste aussi improbable que fantomatique, Mélenchon s’était fait une spécialité dans la virulence antistrausskahnienne.
Mais Strauss-Kahn s’absentant pour cause de délit présumé de braguette, notre Mélenchon, privé de punching-ball, se trouve tout désorienté.
Plus s’adversaire, plus de match...
D’autant qu’il n’a pas vu venir l’opération Marine Le Pen dénoncée par Le Kanal au début de ce mois : transformer le vote de « gauche » du premier tour en barrage de papier contre un danger fasciste fantasmé.
L’avance sondagière de Strauss-Kahn rendait certes l’opération difficile, mais l’effacement de ce dernier derrière les murs d’une prison new-yorkaise, peut désormais donner un tour plus plausible à l’affaire.
Et la crainte de voir les électeurs mélenchonistes potentiels rejoindre, dès le premier tour, les rangs apeurés des Aubrystes ou des Hollandais devient d’un coup plus crédible.
S’emparant donc d’un propos pour le moins ambigu de la responsable du PCF aux élections, une certaine Benoit, selon laquelle « s’il était annoncé assez fort, avec évidence dans les sondages, que la gauche ne devait pas passer au deuxième tour, nous prendrions nos responsabilités », Mélenchon s’affole.
Alors même que la disparition du petit facteur guévariste lui avait redonné des couleurs, s’ouvrirait désormais la perspective d’un « front antifasciste » qui aurait pour principale conséquence son propre effacement ...
Catastrophe ! Voilà donc notre bateleur reparti au combat pour expliquer que son désaccord est avec TOUS les candidats socialistes déclarés ou à venir.
L’ancien ministre socialiste ne supportera pas plus antisocialiste que lui, qu’on se le dise !
Question de matelas électoral espéré, comme de bien entendu. L’un de ses porte-serviette a d’ailleurs vendu la mèche aussitôt en assurant d’un ton martial : « nous sommes seuls capables d’aller chercher un électorat que les socialistes ne sont plus en mesure de trouver ».
Mais pour en faire quoi, Monsieur ?
Pour le servir gratos au deuxième tour au candidat socialiste arrivé en tête ?
Pour quelques avantages clandestins négociés sous la table ?
Pour un poste de ministre ou deux en cas de « victoire » ?
Chut... Le bon peuple n’en sera informé qu’en temps et en heure. Autant dire trop tard.
En vérité et pour ne pas désespérer de tout, le seul candidat que les vrais républicains pourraient soutenir serait celui qui annoncerait que la SEULE mesure qu’il prendrait dès le lendemain de son élection serait de tenter de conférer à la future Assemblée Nationale le statut de Constituante et de démissionner aussitôt.
Élire, en somme, un président dont l’unique programme serait de supprimer la présidence.
Hélas, Mélenchon n’est pas Cincinnatus.
Il ne retournera pas à sa charrue, il préfère penser avec une calculette.
Pour celle et ceux qui ne capte pas TV Rome-antique en clair :
L'histoire de Lucius Cincinnatus mérite détour et rappels.
Puisons dans les dico pour nous égayer un peu et regarder combiens les mœurs politiques d'alors sont si brutaux par rapport à la si policée politique de nos états modernes (toute approche ou ressemblance avec l'histoire contemporaine ou l'actualité ne peut être que pure coïncidence):
Vers 460 avant l'an 0 (?), Rome est tiraillée entre différentes factions rivales et confrontée à une révolte d'esclaves. Une armée composée dit –on "d'esclaves et de va-nus-pieds bannis de la cité" (déjà la banlieue) conduits par Appius Herdonius, un Sabin, banlieusard de l'époque a réussi à prendre le Capitole par surprise.
Une délégation de patriciens vient prier Lucius Cincinnatus, "réputé pour son courage et sa sagesse" d'accéder au consulat. Cincinnatus, une sorte de gentlemen farmer genre dirigeant de la FNSEA plutôt que paysan lot et garonnais du MODEF refuse cette nomination. S'il accepte de quitter sa vie paisible et son domaine, ce sera uniquement pour tenter de "sauver la République guettée par la guerre civile et l'anarchie" (pas nouveau l'argument).
Pour commencer, il exige une trêve immédiate entre les groupes armés du parti patricien et les bandes plébéiennes. Ayant réussi à rétablir provisoirement "l'ordre et la discipline".
Cincinnatus refuse obstinément les honneurs et le pouvoir qu'on lui propose, et retourne à sa charrue.
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