Crise et finance, décodeur ; Vive Madoff

Publié le 20 Avril 2013

http://aucoinducomptoir.files.wordpress.com/2011/09/pret_banque.jpg?w=604 

 

Au démarage, les propos d'une dame plutôt bien en cour, Christine Lagarde, commenté par un des hommes de parage d'une des dites cours (pas celle Haute, de Justice, de la République) :

Pour Christine Lagarde, "Les banques centrales sont les véritables «héros» de la crise".

Vu de la City,de wallstreet et des places boursières ce n'est vraiment pas faux.

De Libé, calant le débat avec sa propre vision qui demande qu'on réoriente l'angle du regard pour que les choses deviennent plus limpides, un interview très instructif.

L'économiste Charles Wyplosz* revient sur "l'action décisive de ces banques centrales", et sur les singularités de la BCE dans un entretient pour Libération (recueilli par DOMINIQUE ALBERTINI).

Tout part d'un constat difficilement contestable qui commence à faire lever piques et boucliers : 

Depuis des mois, des années, les banques centrales arrosent le système financier de liquidités pour maintenir le système à flot en faisant gonfler la bulle financière dans ses balllasts et lestant la quille de nos liquidités pour stabiliser le navire. 

 Wyplosz soutenant vigoureusement la nageuse synchronisée au rythme de wall street nous dit :

"Les héros, ce ne sont pas les chefs d'Etats, pas les ministres des Finances, mais les grandes banques centrales et leurs dirigeants. Ainsi en a jugé la directrice générale du FMI lors d'une conférence à Washington, mardi. Depuis le début de la crise, la Fed américaine, la Banque d'Angleterre, la BCE européenne ou encore la Banque du Japon se sont en effet lancées dans des politiques «non conventionnelles», consistant notamment à inonder les banques de liquidités -sous forme de prêts à condition très avantageuses, de rachats massifs d'obligations d'Etat..

Arrêtons un instant sur ce point. C'est donc bien l'argent des banques centrales, issu de la fiscalité (pour la BCE, des états membres et donc du PIB de chacun de ces états) qui sert à abonder la trésorerie et la stabilité du système financiers, sert de réservoir des profits et et nourrice de l'accumalation.

Si l'idée est avancée par un économiste munie d'un couteau même émoussé entre les dents c'est de la calomnie.

Si c'est d'un gugusse genre Ganaille le Rouge, "il n'y connait rien et ferait meux de laisser les experts sauver l'économie en paix"...(et les laisser faire la queue pour le Nobel de l'exploitation de la force de travail).

Mais quand ce sont les propres experts du système, tellement suffisant qu'ils ne peuvent imaginer qu'on comprenne leur propos, qui crachent le morceau, qu'en disent les donneurs de leçons qui servent de bouclier idéologique au système ?

Un constat : derrière l'exposé clinique nous voyons poindre une inquiétude. On peut même dire qu'ils commencent baliser dur. Même si ce Wyplosz  en question participe de ce jusqu'auboutisme digne de la ligne Maginot sur l'efficacité des mesures prise pour le capital, il n'est pas rassuré.

Il est certain que  ses inquiétudes ne sont pas pour les peuples ; ce n'est pas dans son champ de vision si ce n'est qu'à penser que les peuples ne sont que des moyens-ressources pour la production qui servent à produire du capital et aux experts à organiser les conditions de son accumulation et réguler au mieux les conditions ...de sa répartition pour ses détenteurs.

Son souci c'est plutôt "est-ce que cela va tenir" et "combien de temps " accompagner d'un appel : pour que cela tienne, "vite avant à avoir à colmater les brêches renforçons les digues." 

Son crédo se résume à une idée "les banques centrales ont fait, les états ont faillit" et la BCE aurait pu faire plus et mieux pour aider le capital.

C'est l'entame de l'article de libé :

"L'économiste Charles Wyplosz revient sur l'action des banques centrales pendant la crise, et sur les singularités d'une BCE encore timide par rapport à ses homologues. "

Partons explorer les méandres d'une pensée qui volontairement obstrue nombre des réalités, au premier rang desquels la source des fonds de la BCE, pour regarder où elle conduit : A un branchement encore plus grand de ces fonds issus de la richesse publique et singulièrement des salaires et retraites pour abonder le capital et d'une fiscalité directe et surtout indirecte toujours plus perfusée à partir des revenus salariaux.
Reliez cela à la campagne d'un Kessler (le mentor du "p'tit Gattaz" qui va prendre la tête du Medef) et vous mesurez l'articulation avec la mise sous tutelle des budgets nationnaux par l'UE et sa BCE, la réorientation vers le capital de toute la part socialisée du salaire et donc la casse de la sécu, des retraites, des allocations familiales. C'est la justification idéologique de l'appel à la capitalisation contre le rejet de la répartition et de la solidarité intergénérationnelle.
Mais cela a une limite que notre expert écarte d'une phrase  qui clos l'entretient, savoureux d'irresponsabilité cynique :

 

"Enfin, l’accumulation de liquidités crée le risque d’une bulle financière. Certes, pour l’instant, ce risque est complètement virtuel. Le jour où le crédit repartira, cependant, il faudra que les banques centrales réabsorbent rapidement une masse énorme de liquidités : ce sera un phénomène unique dans l’histoire économique. Pourront-elles le faire à temps ? C’est un risque, mais il n’est pas encore d’actualité." 


Notre "expert" pirouette pour ne pas dire qu'il sait (ce n'est pas un idiot) que ce qu'il porte nous conduit dans le mur nous fait le coup d'après moi le Déluge. Et après cela il ira faire des conférences colloques ou animera Thinktank et symposium sur la décroissance et le dévelloppement durable.

 

En attendant il nous appelle à faire fonctionner la planète autour d'une sorte de crédit révolving mondial où ceux qui dépensent ne sont jamais ceux qui sont obligé de rembourser ou "mieux" (si on peut le dire ainsi) à faire officiellement de Madoff non pas un escroc mais leur saint patron défricheur.


Pour que vous puissiez juger sur pièce, voici l'article de Libération. Si La Canaille a mal compris, SVP, venez éclairer sa lanterne.

http://www.wisblog.net/clients/Cercle_economiste/images/photos/D%C3%A9sesp%C3%A9rance.jpg
Libé du 19 avril 2013: 

 

Considérez-vous également que les dirigeants des grandes banques centrales sont les «héros de la crise» ?


Absolument. La crise n’aurait jamais eu lieu si les gouvernements avaient fait leur travail ; et elle serait déjà finie s’ils l’avaient fait depuis. Les banques centrales, elles, ont fait des choses complètement hors-norme, pour la bonne cause. Elles ont toujours été en première ligne.

Toutes sur le même modèle ?

Cela a varié dans le temps. En 2008, la BCE a été la première à fournir des liquidités aux banques. Mais ensuite, alors que la Fed américaine et la Banque d’Angleterre (BdA) réagissaient vigoureusement en baissant leurs taux d’intérêt, la BCE montait le sien – une décision absurde. Une fois que les taux d’intérêt se sont trouvés presque à zéro partout, que faire de plus ? C’est là que la Fed et la BdA ont lancé une politique non-conventionnelle, le quantitative easing, consistant à fournir des quantités impressionnantes de liquidités aux banques. La Fed en particulier  leur a racheté massivement des dettes publiques et des actifs toxiques.

De son côté, la BCE est entrée dans une semi-léthargie jusqu’à la fin du mandat de Jean-Claude Trichet, fin 2011. Son successeur Mario Draghi s’est ensuite lancé dans des opération de facto illimitées, avec rachat d’obligations sur le marché secondaire pour peu que les pays concernés s’engagent à des réformes. Cela n’a pas encore eu lieu, mais cette simple déclaration a suffi à calmer le jeu.

Beaucoup pensent que les Banques centrales américaine et britannique financent directement leur gouvernement, ce que la BCE n’aurait pas le droit de faire. Est-ce exact?

A ma connaissance, la Fed et la BdA achètent des obligations d’Etat sur le marché secondaire uniquement, c’est-à-dire auprès d’institutions qui les ont achetées de première main. De toute façon, cela n’a aucune importance. Même si une Banque centrale n’intervient que sur le marché secondaire, il suffit que l’Etat émette de la dette, que les banques achètent celle-ci et la refilent quelques secondes plus tard à la Banque centrale. C’est ce qui a lieu, par exemple, avec la dette espagnole. En termes quantitatifs, la BCE a augmenté ses liquidités dans des proportions semblables à celles de la Fed et de la BdA.

Quelle est alors la différence entre elles ?

La vraie différence, c’est que la Fed et la BdA sont claires sur leurs objectifs, elles assument de soutenir l’activité économique. La Fed, par exemple, s’est engagée à innonder les marchés de liquidité jusqu’à ce que le chômage américain retombe à 6,5%. La BCE, elle, travaille à réduire les écarts de taux entre les pays de la zone euro, mais refuse de dire qu’elle fait de la relance. C’est une différence de langage très importante pour les investisseurs. Et celle-ci ne tient pas aux statuts de la BCE, mais au violent désaccord interne entre les Allemands et les autres.

La Banque du Japon (BdJ), elle, n’a pas hésité à changer de braquet...

Ces vingt dernières années, la BdJ est restée très prudente. Terrifiée par l’inflation, elle retirait au moindre frémissement les liquidités injectées précédemment. Résultat : inflation zéro, croissance zéro. Mais le nouveau gouverneur de la BdJ, nommé par le gouvernement, vient de se lancer dans une politique non-conventionnelle : doubler, tripler, quadrupler les liquidités jusqu’à ce que l’inflation s’approche de 2%. Les marchés ont aussitôt compris le message, et le Yen a perdu 20%, ce qui stimule les exportations nippones.

Au risque d’une guerre des monnaies ?

Ces histoires de guerre de monnaies n’ont aucun sens. Autant dire qu’on n’a pas le droit de faire de politique monétaire, et que rien ne doit changer. Quand des pays se portent mal, il n’est pas anormal que les taux de changes baissent. Le problème, c’est que tant que la BCE n’aura pas le même langage que les autres, l’euro s’appréciera vis-à-vis des grandes devises et sera le dindon de la farce.

Les grandes banques centrales ont-elles encore des marges de manoeuvre ?

Elles ont perdu l’essentiel de celles-ci en amenant les taux d’intérêt au plancher minimum : zéro. Elles fournissent désormais des liquidités en masse, ce qui n’a théoriquement pas de limite. Mais le résultat n’est pas très concluant : les banques accumulent l’argent, mais ne le prêtent pas car elles n’ont confiance ni en elles-mêmes, ni en l’économie.

Quels sont les dangers des politiques non-conventionnelles menées par les grandes banques centrales?

Il y a d’abord l’inflation, que redoutent les Allemands. Mais ce qui fait l’inflation, c’est l’augmentation du crédit, de l’argent circulant. Dans la mesure où celui-ci est en berne, le fait que les banques centrales soient assises sur une montagne de liquidités n’a aucun impact. Ensuite, il y a bien le risque que tout le monde se lance dans la dévaluation, chacune annulant celle des autres. Ca ne marchera pas, sauf si des idiots comme nous autres, européens, sommes les derniers à soutenir les dogmes stériles.

Enfin, l’accumulation de liquidités crée le risque d’une bulle financière. Certes, pour l’instant, ce risque est complètement virtuel. Le jour où le crédit repartira, cependant, il faudra que les banques centrales réabsorbent rapidement une masse énorme de liquidités : ce sera un phénomène unique dans l’histoire économique. Pourront-elles le faire à temps ? C’est un risque, mais il n’est pas encore d’actualité.

 

 

* : Charles Wyplosz est membre du Conseil d'Orientation du think tank "En Temps Réel"un machin qui se présente comme étant de "centre gauche", Conseiller auprès du gouvernement de la Fédération de Russie entre 1992 et 1998, consultant auprès du FMI, de la Banque mondiale, et du "Harvard Institute for International Development". Il est directeur de programme en macroéconomie internationale au "Centre for Economic Policy Research (CEPR)". Il est aussi membre du groupe d'économistes indépendants conseillers auprès du président de la Commission européenne...et le soir il prend le temps de sortir son chien. 

 

Rédigé par canaille le rouge

Publié dans #Du côté du capital

Repost 0
Commenter cet article

BA 20/04/2013 14:07


Lundi 3 juin 2013, Nicolas Sarkozy sera à Londres pour faire son nouveau métier : conférencier pour les grandes banques. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy sera payé par ...


 


Goldman Sachs.


 


Les lucratifs ménages de l'ancien président.


 


Sarkozy, conférencier pour Goldman Sachs.


 


Le 3 juin prochain, l’ancien chef de l’État est invité à Londres par la banque de Wall Street à disserter sur la politique européenne. Depuis son départ de l’Élysée, Nicolas Sarkozy donne
fréquemment des conférences pour les banquiers. Cette fréquentation assidue du monde bancaire, qui ne fait rien gratuitement, mérite qu’on y prête attention.


 


http://www.mediapart.fr/journal/france/190413/nicolas-sarkozy-conferencier-pour-goldman-sachs

canaille le rouge 22/04/2013 08:37



ok