Le sens d'une date ; la continuité impérative d'un combat

Publié le 6 Mars 2017

« En marchant main dans la main avec le parti ouvrier socialiste, elles sont prêtes à partager toutes les peines et tous les sacrifices du combat, mais elles sont aussi fermement décidées à exiger après la victoire tous les droits qui leur reviennent. »

— Clara Zetkin, Discours à la Première Conférence de l'Internationale Ouvrière

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Clara Zetkine et Rosa Luxemburg  (Copenhage 1910)

 

"  Le droit de vote sans liberté économique n'est ni plus ni moins qu'un chèque sans provision. Si l'émancipation sociale dépendait des droits politiques, la question sociale n'existerait pas dans les pays où est institué le suffrage universel. L'émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. » "

— Clara Zetkin, 

 

Journée "de la femme" ? journée "des femmes"?

Non journée "de lutte des femmes pour les droits sociaux et politiques"

ce n'est exactement la même chose.


 

 


Lutte de classes et droits des femmes

 

(par Isabel Cruz, de la Commission du Comité Central du PC Portugais pour la lutte et le mouvement des femmesde la Commission du Comité Central du PC Portugais pour la lutte et le mouvement des femmes)

 

Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

« L'émancipation de la femme, comme de tout le genre humain, ne deviendra une réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. C'est seulement dans une société socialiste que les femmes, comme les travailleurs en général, accèderont à la pleine possession de leurs droits. »

 

Clara Zetkin, 1889 (Extrait du Discours prononcé au Congrès International Ouvrier de Paris)

 

La Journée Internationale de la Femme a été proclamée sous proposition de la révolutionnaire allemande Clara Zetkin, le 26 Août 1910 [Pendant la seconde Conférence des Femmes de la Seconde Internationale, réalisée à Copenhague, où étaient présentes 100 déléguées de 17 pays]. Le texte de cette proclamation a été publiée très jours après dans le journalDie Gleichheit (L'Egalité).

Commémorée le 19 Mars 1911, la première Journée Internationale de la Femme a mobilisé plus d'1 million de femmes dans plusieurs villes d'Allemagne, de Suisse, d'Autriche et du Danemark. Alexandra Kollontai a décrit l'événement qui a alors dépassé toutes les attentes: « (…) l'Allemagne et l'Autriche furent ce jour-ci une mer débordante et agitée de femmes (…) Ce fut certainement la première démonstration de militantisme des femmes travailleuses (…) Cette première Journée Internationale des Femmes (…) sous le mot d'ordre 'Le droit de vote pour les travailleuses' et 'unir les forces dans la lutte pour le socialisme' »

Le débat impulsé par le mouvement ouvrier et révolutionnaire, notamment par Clara Zetkin, autour des revendications politiques, civiques et syndicales des femmes prolétaires a contribué à lancer les bases organiques de la lutte des travailleuses à partir de revendications spécifiques, d'objectifs de classes et de leur intégration dans la lutte pour le socialisme. La décision de créer une Journée Internationale de la Femme s'adressant aux travailleurs a correspondu à la nécessité de donner une forte impulsion à la lutte organisée des ouvrières, à une époque où l'entrée massive des femmes dans le travail en usine et le développement du mouvement communiste ont conduit à l'intensification de la lutte des femmes pour de meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires et pour des droits sociaux et politiques.

Le mot d'ordre de la première commémoration a été réitéré lors de la conférence qui a proclamé la Journée Internationale de la Femme: « (…) le suffrage universel, accordé à toutes les femmes majeures sans condition liée à la propriété, ni à l'impôt, ni au niveau d'instruction, sans toutes les autres conditions qui excluent les membres de la classe ouvrière de la jouissance de ce droit » [Résolutions de la Conférence Internationale des Femmes Socialistes, ténue à Copenhague le 25 et 26 août 1919, et communiquées au Congrès Socialiste International]

Contrairement aux exigences des femmes bourgeoisies qui faisait de cette lutte « un objectif final », cette revendication centrale reposait sur les commentaires de Clara Zetkin sur la nécessité de mobilisation des ouvrières:

« (…) nous considérons sa conquête comme une étape hautement souhaitable de la lutte pour notre objectif final. Le droit de vote (…) arme des femmes prolétaires dans la lutte qu'ils mènent contre l'exploitation et la domination de classe pour réussir à être reconnues comme des êtres humains à part entière. Il leur donne le moyen de participer, de manière plus large, à la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, en vue de triompher du capitalisme et d'instaurer le système socialiste, seule solution au problème des femmes... » (discours prononcé au Congrès de Stuttgart de la Seconde Internationale, en 1907)

Le droit de vote pour toutes les femmes a intégré, dans les dernières décennies du XIXème siècle, les programmes des partis ouvriers [le Parti Ouvrier Français en 1879 – le SPO en 1888 le SPD en 1890, le Parti Bolchévique depuis sa fondation en 1903 – le Congrès de Paris de 1900 entérine le principe au sein de la Seconde Internationale] sous la forme de la revendication du suffrage universel pour les deux sexes. Mais en dépit des faits historiquement vérifiés, apparaissent d'abondantes vulgarisations selon lesquelles le mouvement ouvrier et révolutionnaire aurait « troqué » le droit de vote des femmes pour s'assurer la primauté du vote des ouvriers (hommes), ou que, d'autre part, cette revendication aurait été seulement portée par les féministes dites de la « première vague ».

Il est clair qu'il a existé une tentative de « troc », patronnée non pas par les partis révolutionnaires mais par certains partis réformistes, au Congrès de Stuttgart de la IInde Internationale (1907), position qui fut combattue par Clara Zetkin et Lénine:

« (…) Le Congrès a rejeté inconditionnellement cette proposition et s'est déclaré favorable à ce que les travailleurs fassent campagne, non pas avec les bourgeoises des droits des femmes, mais avec les partis de classe du prolétariat. Le Congrès a reconnu que, en ce qui concerne la campagne pour le suffrage féminin, il sera nécessaire de maintenir pleinement les principes du socialisme et de l'égalité des droits pour les femmes et les hommes sans dénaturer ces principes sous des pressions opportunistes... »

Les divergences existantes entre le mouvement des femmes prolétaires et les bourgeoises reflètent un antagonisme de classe. Le vote des « dames » ne signifiait que la fin des privilèges des hommes de la même classe et ne modifiait en rien les rapports de pouvoir entre les classes, comme en témoignent les positions de plusieurs féministes de renom qui, dans de nombreux pays, tout en étant favorables au vote des femmes, limitaient ce droit à certaines catégories sociales, ou seulement aux propriétaires, en excluant les femmes ouvrières.

Au Portugal, les positions de Ana de Castro Osório, républicaine, fondatrice de l'Association de Propagande Féministe et défenseur du vote restreint qui discriminait la majorité des femmes (9), révèlent un schéma significatif des intérêts des femmes de la classe dominante. L'antagonisme de cette féministe républicaine était également « naturel » dans d'autres domaines. Par exemple, lors de la grève des ouvrières de la conserverie de Setúbal, en mars 1911, avec la répression sanglante orchestrée par la Garde Nationale Républicaine dans l'usine Costa et Carvalho et qui a causé la mort de deux ouvriers, une femme et un homme, la célèbre féministe a défendu l'intérêt de la propriétaire de l'usine, sœur de Paulino de Oliveira, son mari et républicain bien connu. La grève pour l'augmentation des salaires revendiquée par les ouvrières a été condamnée par Ana de Castro Osório, avec de tristes commentaires dans « Féminisme. Réponse à une ouvrière », article publié dans le journal, propriété de son mari, où elle écrivait d'innombrables chroniques et articles issue de ses thèses féministes. Le féminisme anti-ouvrier de Ana de Castro Osório a été également belliciste et s'est fait connaître pour son soutien ardent en faveur de la participation portugaise à la Première guerre mondiale.

 

Au début du XXème siècle, dans un contexte de grand antagonisme social, au Portugal comme dans d'autres pays, la poignée de femmes (et d'hommes) féministes qui ont fait leur la nécessité de réformes pour l'amélioration de la condition des femmes, ont défendu avant tout leur intérêts de classe, faisant obstacle aux transformations sociales revendiquées par les femmes travailleuses unies aux masses populaires. Et la jeune République, en qui avaient été placés de grands espoirs, n'a même pas été capable de garantir l'égalité des droits politiques entre femmes et hommes.

 

En ce centenaire de la Révolution de 1910 qui a instauré la République, bourgeoise et libérale, il convient de rappeler que toutes les féministes républicaines, et maçonniques, ne constituent pas de véritables exemples de défense des droits des femmes, et qu'il est nécessaire de s'opposer à « l'image idéalisée sans rapport avec la réalité concrète d l'intense lutte de classes qui a marqué les 16 ans de son existence ».

 

 

La Révolution d'Octobre

 

 

La Journée Internationale des Travailleuses, animée par les femmes du Parti Bolchévique, a été célébrée pour la première fois, en 1913, à Moscou et à St-Petersbourg mais, l'année suivante, les préparatifs furent interrompus par la police et ses animateurs incarcérés, ce qui rendit impossible la célébration.

 

Le 23 février 1917 du calendrier grégorien (8 mars du calendrier julien), les ouvrières russes manifestent à St-Petersbourg pour demander du pain, le retour des maris envoyés au front, la paix et la République. La grève s'étend rapidement à tout le prolétariat, se transforme en une insurrection et au bout de cinq jours, le tsarisme russe est renversé.

 http://img.over-blog.com/350x508/0/54/47/14/Russie/8marsURSS.jpg

Avec la victoire de la Révolution Socialiste d'Octobre, le pouvoir soviétique installé, Lénine a souligné le rôle des femmes dans la victoire de cette révolution: « Sans elles, nous n'aurions pas vaincu, ou nous n'aurions remporté qu'une demi-victoire » (Souvenirs de Lénine par Clara Zetkine). En 1918, Alexandra Kollontai conduisit les commémorations de la Journée Internationale des Travailleuses avec un hommage aux ouvrières de St-Petersbourg.

 

Un des premiers actes du jeune pouvoir soviétique, sur le plan législatif, fut l'affirmation de l'égalité totale de l'homme et de la femme, et de nombreuses aspirations et revendications émancipatrices des femmes ont trouvé pour la première fois une expression dans la vie réelle, ont eu une répercussion mondiale et sont devenues un étendard pour la lutte des femmes de tous les continents.

 

La fondation de l'Internationale Communiste, en 1919, a déterminé une nouvelle impulsion dans les formes d'organisation de la lutte des femmes pour leurs droits et pour la transformation sociale. Si d'une part, dans la Russie des Soviets, l'égalité de droits fut inscrite immédiatement dans la nouvelle législation, il fallait entreprendre une nouvelle étape dans la construction de la nouvelle société, en favorisant une plus large participation des femmes. D'autre part, il s'agissait aussi d'organiser la lutte des femmes dans les pays capitalistes (et dans les pays envahis ou colonisés), qui selon les termes de Lénine devrait « (…) mettre fortement l'accent sur le lien indissoluble qui existe entre la situation sociale et humaine de la femme et la propriété privée des moyens de production. Cela permettra de tracer la ligne claire, la ligne indélébile qui nous sépare du féminisme bourgeois. Cela fournira, par ailleurs, la base d'une conception de la question féminine comme partie intégrante de la question sociale, de la question ouvrière, et (…) qui la lie solidement à la lutte des classes prolétaires et à la révolution » (Souvenirs de Lénine par Clara Zetkin).

 

En 1921, à l'occasion de la Seconde Conférence des Femmes Communistes, ont été discutées les thèses sur les Méthodes et les Formes de Travail entre les Femmes des Partis Communistes, plus tard présentées par Clara Zetkin au Congrès de la IIIème Internationale Communiste. L'organisation annuelle de la Journée Internationale de la Femme a été définie comme une des fonctions des organismes responsables du travail parmi les femmes. Il a été également de décider de fixer la date du 8 mars pour la célébration de la Journée Internationale des Travailleuses.

 

 

Les années de la guerre et du fascisme.

 

 

En Europe, en 1915 et 1916, la guerre et la répression policière dans presque tous les pays a rendu quasiment impossible toute célébration de masse et légale. En 1915, Clara Zetkin a appelé les femmes des pays non-belligérants à manifester en faveur de la Paix lors de la Journée Internationale de la Femme et, ce même mois, elle organisait à Berne une Conférence Internationale des Femmes pour la Paix. En Norvège, Alexandra Kollontai réussit alors à organiser une manifestation contre la guerre, à Christiana, aujourd'hui Oslo.

 

Dans les années précédant la seconde guerre mondiale, furent fondées dans le monde entier diverses organisations de femme qui, avec les organisations syndicales, ont donné sens aux célébrations de la Journée Internationale de la Femme. Le 8 Mars fut, en de nombreuses occasions, un moment emblématique utilisée par les femmes pour, de manière organisée, protester contre la guerre, le fascisme, pour la paix, pour leurs droits comme travailleuses. Ce fut aussi un prétexte pour, dans des actes clandestins, renforcer les organisations spécifiques de femmes et, à travers elles, organiser des réseaux clandestins de solidarité et de soutien aux armées libératrices ou aux prisonniers politiques.

 

En 1934, est créé le Comité Mondial des Femmes contre la Guerre et le Fascisme lors de la Conférence Mondiale des Femmes, qui a réuni 1300 déléguées. Lors de la Journée Internationale de la Femme, en 1936, la dirigeante du Parti Communiste d'Espagne, Dolores Ibarruri prit la tête d'une manifestation de 200 000 femmes contre le fascisme, et la même année est créée, au Portugal, l'Association Féminine pour la Paix, rassemblant les femmes qui luttent pour la paix et pour les droits des femmes, comme Francine Benoit, Isabel Aboim Inglez, Manuela Porto et Maria Alda Nogueira.

 

Lors d'une réunion semi-clandestine, réalisée à Londres le 8 mars 1945, quelques mois avant la capitulation nazie (Mai), des femmes préparaient déjà la formation de ce qui serait leur organisation la plus combative, la Fédération Démocratique Internationale des Femmes, qui fit de la Journée Internationale de la Femme une journée mondiale d'action des femmes pour leurs droits, contre toutes les formes de discrimination.

 

Au Portugal, malgré la répression fasciste, la Journée Internationale de la Femme est marquée par les femmes communistes en 1953, et en 1962, est réalisée, à Porto, la première grande manifestation du 8 mars.

 

 

L'occultation et la réécriture de l'histoire

 

 

En raison de son caractère révolutionnaire profondément lié à la lutte des travailleuses, les célébrations de la Journée Internationale de la Femme furent interdites dans la majorité des pays, et son histoire fut particulièrement occultée et dissimulée des annales de l'historiographie bourgeoise (ou féministe) pendant des décennies, ne pouvant pourtant reprendre l'excuse (bien faible) de l'absence de sources ou de documents.

 

Concernant la « véritable origine historique » du 8 mars, beaucoup de textes ont été (ré)écrits, à partir d'un certain type de recherche, dont l'objectif s'est centré non seulement sur la tentative d'effacer l'origine révolutionnaire et communiste de la Journée Internationale de la Femme, mais surtout sur la construction d'une conception erronée selon laquelle le 8 Mars aurait connu une « renaissance » avec une nouvelle vitalité et un nouveau sens en 1970, comme si pendant six décennies il n'y avait eu aucune célébration, comme si pendant des décennies les femmes avaient renoncé à la lutte. Au Portugal, ces idées largement diffusées ont comme principal objectif de cacher le rôle des femmes communistes et du PCP « la force la plus éclairée, la plus conséquente dans la lutte pour l'émancipation des femmes et dont la lutte tout au long de son existence se confond avec la lutte des femmes travailleuses » [Le PCP sur les droits de la femme, Ed.Avante, 2008]

 

La tentative continue de dissimuler l'étroite relation entre les importantes conquêtes obtenues au XXème siècle et la lutte des travailleuses, du mouvement des femmes (dans ses différentes expressions), et de l'action du mouvement ouvrier et du mouvement communiste, en y opposant l'exaltation de figures individuelles historiques féministes ou la tenue d'actes symboliques. Cette première décennie du XXIème siècle, comme celle du début du XXème siècle, est marquée par un stratagème identique – toujours quand les antagonismes de classe s'aiguisent ressurgit avec une plus grande intensité le rôle d'acteur historique attribué à des « nouvelles » héroïnes associé à la conception d'une certaine « fraternité féminine ». Les femmes ne forment pas une classe sociale ou un groupe socialement homogène, elles constituent avant tout un groupe social hétérogène du point de vue de classe, c'est pourquoi il est indispensable de dénoncer les grands fantasmes autour d'une « communauté des femmes ».

 

 

L'actualité des commémorations du 8 Mars

 

 

En ce centenaire de la proclamation de la Journée Internationale de la Femme, il est important de démontrer la relation historique étroite entre la lutte des femmes travailleuses pour leur émancipation politique, économique et sociale. Une journée qui depuis sa création a été animée par le mouvement révolutionnaire qui s'en est emparé comme d'un jour de lutte des femmes pour leurs droits, contre toutes les formes de discrimination, un symbole internationaliste et de solidarité entre les femmes du monde entier.

 

S'il est vrai que l'institutionnalisation du 8 Mars par l'ONU (1975) a fini par dissiper la matrice originelle, ouvrière et révolutionnaire, son symbole doit survivre aux cérémonies futiles et à la rhétorique creuse qui entourent actuellement les commémorations officielles, marquées par la visibilité exclusive des gouvernements et des organisations inter-gouvernementales, par l'occultation délibérée des célébrations d'origine plus authentique, ou populaire, et des demandes des organisations de femmes plus conséquentes. C'est un défi qui est posé au présent et à l'avenir aux organisations de femmes travailleuses et progressistes et aux forces révolutionnaires qui les soutiennent.

 

Dans un contexte de modification du rapport de forces et de violente offensive du capitalisme néo-libéral et impérialiste, qui intensifie l'exploitation, l'oppression, le militarisme et la guerre, et d'affaiblissement conjoncturel des mouvements et organisations de femmes, on assiste à une offensive politique prolongée contre les droits des femmes appuyée par une offensive idéologique qui a progressé sans de nombreux revers.

 

Avec un fort appui médiatique, l'idéologie dominante a réussi à faire passer l'idée de célébration du 8 Mars comme un jour des femmes « en général » unies pour des causes « communes », sans distinction d'intérêts ou de classe, mais la vérité c'est qu'il « n'est pas possible de transformer radicalement la condition des femmes sans abolir le mode de production capitaliste, ni de réussir pleinement l'objectif de transformation de la condition sociale des femmes des classes travailleuses, ni de concrétiser l'ensemble de leurs droits économiques, sociaux, politiques et culturels » [Le PCP sur les droits de la femme, Ed.Avante, 2008].

 

Dans cette première décennie du XXIème siècle, l'actualité du 8 Mars découle non seulement de la célébration d'un patrimoine historique de lutte, symbolisé par le désir de justice de générations de femmes exploitées, soumises et infantilisées, mais surtout parce que le chemin fut, et est toujours, celui de la lutte collective et de classe, faisant de la lutte des femmes et de leurs revendications spécifiques un élément enrichissant la lutte commune, celle pour la transformation sociale et la construction du socialisme.



Des pans entiers des luttes féministes sont à apporter pour enrichir ce texte: luttes des femmes pour la maitrise de leur indépendance, celle de leur corps et le refus de sa marchandisation, droit au travail moyen et enjeu de leur autonomie dans des conditions différentes en fonctions des rapports de classe selon les pays. Mais le texte ci dessus donne un vigoureux coup de projecteur sur la nature de classe du 8 mars.Voila pourquoi je le publie.

Sans risque de se tromper, on peut élargir le célèbre propos : quand une fraction de l'humanité qui ne reconnait pas les droits de l'autre, cette fraction ne peut-être citoyen libre d'une humanité libre. 
C-le-R, 08/03/2010 revu le 8 mars 2016

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jean-marie Défossé 08/03/2016 15:39

Entendu ce matin de nos médias de caniveau , l'assimilation de cette journée du 8 Mars ... avec Geneviève De Gaulle (???) . C'est quand même plus "Classe" , plus "distingué" , plus "chic" qu'une Rosa Luxembourg ou qu'une Clara Zetkin !
Et c'est ainsi par un passé pas si lointain , dans l'orchestration théâtrale du 2ème conflit mondial par le Grand Capitalisme , que les rôles furent distribués : le premier rôle attribué au sauveur de la France avec pour finir le grade de Général (De Gaulle) ; et l'autre rôle , le second couteau , à un petit peintre en bâtiment du nom moins glorieux de ...Hitler, un ex-caporal , agresseur sanguinaire de la France et de la "démocratie" et qui pour finir devra se suicider le moment venu sans laisser de cadavre , sauf les "preuves" historiques que la Grand Capital a bien voulu nous accorder .
Comment vont-ils nous la jouer et nous la faire gober cette future et lamentable mascarade cette fois-ci ?
Les peuples vont-ils encore une fois se laisser berner sans réagir et baisser l'échine devant l'INACCEPTABLE ?

daniel 09/03/2015 14:05

J'aime les femmes.



Grande et belle, petite et coquine, blonde fraiche et brune envoûtante, rousse sorcière et perverse assassine, je t'aime "toutes".





Je l'ai déjà dit, et s'il le fallait, j'escaladerais le Mont Rushmore pour gueuler à la face du monde : « J'aime les femmes ! ».

Ou plutôt « J'aime LA Femme » avec un grand " feu " majuscule.

Ma bible en la matière demeure le texte — extraordinaire — de la chanson "Miss Maggie" de mon pote: Renaud.

En trois coups de stylo à bille, il rédige un manifeste fondamental tout à l'honneur de nos sœurs humaines.

Parce qu'encore aujourd'hui, il faut une sacrée paire de couilles pour être une femme. Viol, lapidation, humiliation, jet d'acide, main aux fesses, discrimination professionnelle, privation de parole, de réflexion, de liberté d'action, voilà ce que nos voisines de planète subissent au quotidien, au XXIème siècle. Et nos "grands hommes" peuvent bien agiter leurs grands bras mous, rien n'y fait: la femme qui devrait être l'avenir de l'homme n'en est toujours que son défouloir à rancœurs.

Le 8 mars 1921, Lénine décrète la Journée internationale des femmes pour l'ensemble des pays du bloc de l'Est.

Le 8 mars 1977, l’Organisation des Nations Unies adopte une résolution identique pour ses pays membres.

Il faudra attendre 1982, pour que le socialo F. Mitterrand donne un statut officiel à cette journée en France.

Modestement, je déclare ouverte l'année de la femme dans ma sphère. Durant 365 jours, les hommes et les femmes vont vivre "ensemble", juste pour vous mes amies, mes copines, mes sœurs, mes tutrices, mes confidentes, mes bien-aimées, mes galères, parfois mes souffre-douleurs… enfin, mes dames et mes demoiselles!

C'est mon cadeau à moi, que je vous demande de partager pour toutes les nanas de la Terre.

Je vous embrasse............toutes..........................

daniel 09/03/2015 14:05

J'aime les femmes.



Grande et belle, petite et coquine, blonde fraiche et brune envoûtante, rousse sorcière et perverse assassine, je t'aime "toutes".





Je l'ai déjà dit, et s'il le fallait, j'escaladerais le Mont Rushmore pour gueuler à la face du monde : « J'aime les femmes ! ».

Ou plutôt « J'aime LA Femme » avec un grand " feu " majuscule.

Ma bible en la matière demeure le texte — extraordinaire — de la chanson "Miss Maggie" de mon pote: Renaud.

En trois coups de stylo à bille, il rédige un manifeste fondamental tout à l'honneur de nos sœurs humaines.

Parce qu'encore aujourd'hui, il faut une sacrée paire de couilles pour être une femme. Viol, lapidation, humiliation, jet d'acide, main aux fesses, discrimination professionnelle, privation de parole, de réflexion, de liberté d'action, voilà ce que nos voisines de planète subissent au quotidien, au XXIème siècle. Et nos "grands hommes" peuvent bien agiter leurs grands bras mous, rien n'y fait: la femme qui devrait être l'avenir de l'homme n'en est toujours que son défouloir à rancœurs.

Le 8 mars 1921, Lénine décrète la Journée internationale des femmes pour l'ensemble des pays du bloc de l'Est.

Le 8 mars 1977, l’Organisation des Nations Unies adopte une résolution identique pour ses pays membres.

Il faudra attendre 1982, pour que le socialo F. Mitterrand donne un statut officiel à cette journée en France.

Modestement, je déclare ouverte l'année de la femme dans ma sphère. Durant 365 jours, les hommes et les femmes vont vivre "ensemble", juste pour vous mes amies, mes copines, mes sœurs, mes tutrices, mes confidentes, mes bien-aimées, mes galères, parfois mes souffre-douleurs… enfin, mes dames et mes demoiselles!

C'est mon cadeau à moi, que je vous demande de partager pour toutes les nanas de la Terre.

Je vous embrasse............toutes..........................

canaille le rouge 09/03/2015 14:54

pas pour refroidir enthousiasme, surtout en la matière, mais en 1921, le bloc de l'est n'existait pas, tout juste en construction la jeune Union soviétique, amputée des territoire des interventions coalisées pour aider les blancs contre les rouges.
Quant à la référence à FM, c'est le même qui va légitimer le f-haine donc pas une référence en matière de féminisme surtout venant d'un francisqué de Pétain. Pour le reste si on n'oublie pas Clara Zetkin et rosa Luxembourg en 1910, nous serons à peu près d'accord.