Alternative et perspectives ; l'urgence est là, la réponse non !

Publié le 20 Septembre 2017

 

Remettre l'ouvrage sur le métier 

Alternative et perspectives ; l'urgence est là, la réponse non !

Lu dans la presse cette déclaration de Chassaigne:
 


"Face à Macron, l'unité est obligatoire, Macron est une entreprise de démolition de la protection sociale face à quoi il faut organiser une résistance qui parte du mouvement social."

Alternative et perspectives ; l'urgence est là, la réponse non !

La fin de la proposition ne pose pas de problème en soit mais la première demande éclaircissement surtout après la fête de l'Humanité où les présences, absences, échanges, déclarations et bouderies non seulement n'ont pas aidé à clarifier pour le vulgum pecus, mais entretiennent une démarche de sommet antinomique avec la seconde partie. Chassaigne lui-même dans sa pratique ayant parfois une fâcheuse inclinaison à se substituer au mouvement social, les cheminots en gardant un souvenir plus qu'amer.

De plus, comment porter cette proposition simultanément avec un affichage public plus que scandaleux au côté de ceux qui n'ont pas voulu s'opposer au gouvernement Valls 1 et 2, au mandat de Hollande qui a servi à l'ancien premier secrétaire du PS et à son premier ministre à faire la place puis la courte échelle à celui qui maintenant depuis l’Élysée persiste à administrer les plus mauvais coups dans la logique tracée depuis 2013 ?

L'union est un combat. La phrase célèbre d’Étienne Fajon alors directeur de l'organe central du PCF n'a pas pris une ride. Depuis l'Humanité n'appartient plus au P "c "F, celui-ci s'est paré de ces indispensables guillemets, sa surface politique, de renoncement en recentrages vers des espaces de moins en moins populaires qui faisaient son électorat,  s'est "peau-de chagraninés". Mais l'appel aux recettes qui l'ont conduit là semble avoir plus que de beaux restes.

Certains on pu croire que devant ce collapsus politique l'issue pourrait venir d'une insoumission affichée dans la maison se voulant mitoyenne tant l'exigence de changement constitutionnel pouvaient pour certains donner à penser que cela permettrait de planter un cadre nouveau. La proposition par celui qui s'affirme en chef d'un projet qui s'écarte chaque jour des promesses initiales en proposant officiellement un compromis au capital confirme que ce n'est pas dans les directions plus ou moins auto-proclamées de telle ou telle obédience dite de gauche que réside la solution, mais bien, comme la preuve s'est faite sur le terrain revendicatif, dans la construction non pas d'une unité de sigles rassemblés autour d'un socle toujours plus étroit pour tenter de rassembler plus large, mais bien autour des contenus élaborés et partagés par la masse de ceux qui y ont intérêt et pour le plus grand nombre un intérêt vital.

La question de la construction d'un front anticapitaliste, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit, ne passe pas par la mise en place d'une fragile barrière d'élus le plus souvent hors-sol (donnons acte à Chassaigne de ne pas le mettre en préalable), mais par la discussion là où se crée la richesse des conditions de sa maîtrise et sa répartition, le contrôle par ses producteurs de sa création et des conditions sociales, humaines garantissant pérennisation. C'était le rôle que s'était assigné la majorité du congrès de Tours voulant en cela rompre avec les reniements de la SFIO.

On le voit, il s'agit de construire une alternative littéralement socialiste qui fera que les scories historiques de ce qui est le PS et ses multiples avatars seront dégagés du chemin pour être plus à l'aise dans le combat anticapitaliste.

Dispose-t-on de l'outil indispensable pour mener cette besogne ? À l'évidence non. Alors que la fête de l'Huma malgré les limites énoncées ci-dessus vient de montrer à la fois la disponibilité populaire, l'absence de réponse des organisations qui se sont proclamées porteuses de l'issue entretient l'impasse. 

Marx disait il y a déjà un siècle et demi que les gens ne se posent que les questions auxquelles ils peuvent apporter des réponses et l'histoire confirme qu'en la matière, ce sont toujours les mouvements sociaux animés par une forte exigence populaire qui poussent à ce que ces questions soient posées.

N'est-il point l'heure de travailler à concrétiser des réflexions qui s'empilent stérilement depuis plusieurs décennies ? 

Rédigé par Canaille Lerouge

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