Pensée du jour

Publié le 15 Juillet 2017

 

Le club des abjects

recrute au grand jour

 

Pensée du jour

Curieux comment ceux qui à juste titre s'étaient indignés du discours de Dakar de Sarkozy restent muets devant les propos intolérables de Touthenmakron à propos des femmes africaines.

Propos d'énarque inspecteur des finances d'une telle bêtise et grossièreté pyramidales qu'ils pourraient avoir valeur de blason pour la branche de la corporation, toutes promotions en état de marche confondues.

 

Si peu de réaction à une telle bassesse proférée officiellement. Est-ce parce que le Pharaon de la rue St Honoré  a pris la précaution de "ne s'en prendre qu'aux Africaines" qu'il a le droit à ce régime de faveur ?

En tous cas, auteurs des propos (tant celui qui les a pensés et écrits que celui qui les a validés et prononcés), laudateurs du précédent ou ceux qui se taisent, informent ainsi que leur club des abjects a ouvert ses guichets.

A noter que la presse fait plus de vague sur la passe d'armes entre "le patron des militaires" et "le chef constitutionnel des armées" que sur l'injure faite à tout un continent.

Là aussi ...

 

Pensée du jour

La réponse digne d'un Burkinabé à un cuistre élyséen :

MON CHER MACRON

Ma mère a eu au total neuf enfants dont huit sont encore en vie. Elle et mon père n’ont pas fait un jour de classe dans une école ni française, ni catholique, ni coranique, encore moins évangélique. Mes parents ont aujourd’hui respectivement 78 et 76 ans. Ils pourraient être tes grands-parents. Ils n’ont jamais travailler dans une administration publique. Le système français importé de chez toi n’a jamais prévu leurs places. Mon père a arrêté de travailler avec moins de 30000 cfa comme revenu mensuel et ma mère n’a jamais eu de bulletin de solde. Aujourd’hui, grâce à leurs efforts, à ceux de la grande famille et toute la COMMUNAUTÉ les 8 enfants comptent parmi eux 1 ingénieur, 1 infirmier, 1 technicien supérieur, 1 administrateur d’établissement, 1 administrateur culturel, 2 communicateurs et 1 journaliste. Tous participent du mieux qu’ils peuvent à la construction de notre pays le Burkina Faso. Je passe sous silence le fait qu’ils manipulent avec aisance la langue de tes ancêtres et prolongent de ce fait ta culture et l’influence de ton pays. Ils paient des impôts et taxes qui permettent à notre président de venir de temps en temps écouter tes balivernes en Europe là-bas, ils utilisent et font circuler ton franc CFA que tu imprimes et distribues à ta guise à partir de La Chamalières​ chez toi en France là-bas.

Mes frères et moi avons formé de très nombreux autres burkinabè qui travaillent pour la stabilité, le confort et le prestige de ton pays : certains travaillent dans tes entreprises de commerce et de construction ici et renflouent tes caisses là-bas , d’autres cultivent le coton que tu viens emporter pour la mode de tes concitoyens, etc… Il y a en même que tu as fait venir chez toi en France parceque tu nous trouvais indignes de leurs savoirs. Peut-être devrais-je ajouter qu’aucun de mes frères et moi, aucun de ceux que nous avons formés n’a jamais manqué du respect envers toi ou tes concitoyens qui se sentent bien chez nous même si c’est toujours la croix et la bannière quand nous essayons de vous rendre visite. Quant à mes parents, ils ne peuvent même pas prononcer ton nom puisqu’ils ne savent pas qu’après ton grand père POMPIDOU, il y a eu encore un dirigeant dans ton pays.

Ce que je viens de te dire, c’est si banal en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier que je n’ai jamais pensé qu’il faille le rappeler un jour à un de chez toi, qui plus est le Président. Mais comme tu sembles vouloir faire porter le chapeau de notre sous-développement à nos mères et avant elles à nos grands mères, il me semble aujourd’hui indispensable de te dire pourquoi ma mère a eu 9 enfants et pas 2 ou 3 comme la tienne. Quand tes aïeux Voulet et Chanoine prenaient de force les terres de nos ancêtres, ils ont abattu beaucoup parmi les nôtres. Puis avec vos travaux forcés, d’autres bras valides sont encore tombés.

Ensuite, il y a eu vos deux stupides guerres que vous avez qualifiées de mondiales pour encore venir ponctionner des milliers d’enfants chez nous pour vous aider. Et si j’ajoute les sales maladies que vous avez transposées chez nous et qui decimaient les enfants, tu pourrais peut-être comprendre pourquoi il fallait à la mère Africaine le maximum d’enfants pour espérer en garder le minimum? 1 pour la colonne Voulet, 1 pour les travaux forcés, 2 pour vos guerres, 2 pour la diphtérie, la variole, la tuberculose ou la coqueluche et voilà, nos mères respectives sont à égalité.
Tu vois, ce n’est pas si compliqué à comprendre que si vous EUROPÉENS nous promettez de nous coller la paix, si vous nous promettez de vous occupez de vos oignons désormais, le «problème de nombre d’enfants» qui freine le développement sera un sujet au conseil des sages sous le grand baobab de mon village car l’accouchement est tellement difficile que je ne connais pas une seule femme africaine qui veuille prendre le risque de 10 aller-retour entre la vie et la mort. J’espère que c’est clair maintenant.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #politique, #polémique, #abjection, #racisme, #sexisme, #impérialisme

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Patrick 16/07/2017 12:53

J'apprécie vos écris et j'avoue ne pas avoir entendu parlé de ce discours. N'étant pas un adepte de Toutanmakron comme vous le surnommez, je zappe lorsque que je vois la tronche de ce chef de guerre qui malheureusement dit me représenté. Merci donc pour l'info et très belle réponse de ce Monsieur du Burkina Faso.

Ni dieu, ni maître.
A bas les calottes, vive la sociale
Patrick

Aline 15/07/2017 16:34

Trop de Macron tuant le Macron, son omniprésence dans les médias à toutes les sauces finit par le rendre indigeste, aussi j'avoue avoir décroché des événements ces derniers temps en ne happant que quelques brides avec le zapping. J'ai donc raté cet épisode qui aurait été un sujet intéressant avec mes amies africaines... plus les semaines passent, plus sa politique se dévoile, et plus il correspond à ce que je craignais. Encore une vipère que la République a nourrit en son sein. Aline