Pistes (pas unique) pour penser le communisme de demain

Publié le 5 Juin 2017

 

Suite de la contribution

aux réflexions

pour panser le présent

et penser l'avenir

 

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Tandis que la France cherche à se fabriquer ses grands Khan, gourou de la banque à s'en mettre plein la poche, ou marcheur de l'insoumission encadrée et dirigée, des expériences passionnantes se déroulent sur la planète.

 

Des expériences qui pour les maîtres du monde, les chassés de bottines à talon de fer sont à ne surtout pas médiatiser tant elles montrent les possibilités de rompre avec l'ordre établi, le moyen de renvoyer la totalité des hors sol servir de personnel d'accueil dans l'hôtellerie de luxe des cordons littoraux et casinos mafieux.

 

Imaginer un peuples, un pays au sein d'une fédération gangrenée par le narcotrafic, à 2h00 d'avion de Dallas qui fait un superbe bras d'honneur à l'impérialisme , résiste à l'agression des forces militaires et de polices et s'autogère. Santé logement école, justice,etc.

 

Au moment où en France le délitement du courant révolutionnaire institutionnel arrive à son point où la supernova va se sublimer, il ne semble pas inutile d'éclairer d'autres pistes qui méritent exploration.

 

Cela se passe toujours au Chiapas, le pays Zapatiste, celui du sous-commandant Marcos.

 

Qu'on s'entende bien. Il ne s'agit pas de chercher des modèles extérieurs mais de regarder des expériences et de réfléchir à partir de notre histoire, nos pratiques politiques et sociales nos bagages théoriques qui sont d'une immense richesse.

 

Pourquoi en parler maintenant ? L'expérience de démocratie directe, le mandat impératif et révocable à tout niveau, ce retour vers l'héritage de la Commune, la rotation des responsables construise un débat qui s'installe (trop) doucettement dans notre pays.

 

Peur des détenteurs des leviers économiques et politiques, ceux qui tentent de le faire avancer sont présentés au mieux comme de doux dingues, plus souvent comme de dangereux terroristes potentiels, pire que les réels, protégés de Fabius ou Trump, puisqu'en plus ce sont de rouges mécréants.

 

On nous dit ("on" étant un hors-sol prébendé ou ambitionnant à y parvenir), on nous dit que cela n'est pas possible et n'existe pas.

 

Problème pour eux, le mouvement Zapatiste va présenter une candidate à l'élection présidentielle au Mexique.

Le Monde (pas le Diplo, l'autre) nous informe que " les représentants de 58 peuples indigènes du Mexique ont désigné, dimanche 28 mai dans l’État du Chiapas (sud), une candidate indépendante à l’élection présidentielle de 2018. Soutenue par l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), l’initiative marque un tournant stratégique pour le mouvement de l’ancien sous-commandant Marcos, qui a toujours rejeté le système politique, les partis et la conquête du pouvoir.

Maria de Jésus Patricio, indienne nahua de 57 ans, a été élue, dimanche, par les membres du Conseil indigène de gouvernement (CIG), créé la veille à San Cristobal de Las Casas, au Chiapas, par 230 dirigeants zapatistes et plus de 800 délégués indiens venus de 26 États du Mexique. Cette guérisseuse traditionnelle de l’État de Jalisco (ouest), mère de trois enfants, a aussi été nommée porte-parole du CIG, chargé de défendre les droits des 16 millions d’Indiens mexicains. Le charismatique sous-commandant Marcos, qui se fait appeler Galeano depuis 2014, a participé sans faire de déclaration à l’événement, organisé vingt-trois ans après le soulèvement armé des zapatistes au Chiapas. "

Le monde (diplomatique, mais pas que lui, revient ce mois ci sur cette expérience. Et cette candidature fait palus peur au capital que celle de Mélenchon à voir les tirs de barrage quelle suscite au delà des frontières du Mexique.

 

Pour installer le cadre, une affirmation qui positionne Canaille le Rouge dans ce débat : Tu peux croire en dieu, c'est une hypothèse et on a pas le droit de te l'interdire. Tu peux croire au Chiapas, c'est une réalité et tu a le droit de connaître et d'y réfléchir. Mais ceux qui média en main tolère ou adore dieu font tout, concernant le Chiapas, pour te l'interdire.

 

Outre le Diplo, Chiapas démocratie directe expérience zapatiste, Canaille le Rouge a puisé sur le site un autre futur des données prise dans un article établissant comparaison entre le Chiapas et le Kurdistanhttp://www.autrefutur.net/Rojava-et-Chiapas-deux-lueurs-d-emancipation-dans-un-monde-hallucine.

 

La question du rapport aux institutions est posée de façon complètement nouvelle et éclaire un enjeu est de taille :

 

Modeste et non prosélyte, l’expérience zapatiste n’en rompt pas moins depuis vingt-trois ans avec les principes séculaires, et aujourd’hui en crise, de la représentation politique, de la délégation de pouvoir et de la séparation entre gouvernants et gouvernés, qui sont au fondement de l’État et de la démocratie modernes.

 

Expérience , on persistera à la nommée ainsi, a lieu à une échelle non négligeable. Cette région de forêts et de montagnes de 28 000 kilomètres carrés (environ la taille de la Belgique) couvre plus d’un tiers de l’État du Chiapas. Si aucun chiffre sûr n’est disponible, on estime que 100 000 à 250 000 personnes selon les comptages — 15 à 35 % de la population — y forment les bases de soutien du zapatisme, c’est-à-dire les femmes et les hommes qui s’en réclament et qui y participent. Tel est le fait majeur, que feraient presque oublier la vision folklorique des fameux passe-montagnes ou les ruses éloquentes de l’ex-sous-commandant Marcos (qui s’est rebaptisé Galeano, en hommage à un compañero assassiné) : à cette échelle et sur cette durée, l’aventure zapatiste est la plus importante expérience d’autogouvernement collectif de l’histoire moderne. Plus longue que les soviets ouvriers et paysans nés à la faveur de la révolution russe de 1917 cela jusqu'à leur évolution lors de l'adoption de la 2e constitution de l'URSS de 1936 .

 

Et ce n'est pas facile tous les jours : Les Indiens du Chiapas ne demandent pas leur indépendance, mais l’autonomie, le droit de se gouverner eux-mêmes dans un cadre fédéraliste, au sein des frontières du Mexique et le la Syrie.

Si l’État n’est pas dedans bien que tentant d’y entrer en faisant, par exemple, du chantage aux programmes d’aide sociale, il est tout autour. Toujours menaçant. Il n’en faut pas moins composer avec lui et notamment avec les autorités officielles qui partagent le même territoire pour régler tant les questions communes que les conflits entre communautés.

 

Au Chiapas, à la base, est la communauté (ou village) organisée avec une assemblée communautaire et des agents communautaires. Les communautés se fédèrent en communes avec un conseil municipal formé de délégués élus pour deux ou trois ans. Les communes autonomes envoient des représentants à l’assemblée générale de zone laquelle désigne un conseil de bon gouvernement chargé de la coordination de la mise en œuvre des décisions collectives relatives à la gestion des ressources, l’éducation, la santé, la justice, etc.

 

Au niveau de la zone, les mandats sont de courte durée, la rotation des charges assurant la liaison permanente avec les communes. Un va-et-vient constant s’établit entre le conseil de bon gouvernement, l’assemblée générale de zone et les communautés et communes avant toute décision. Le processus de ratification peut prendre du temps. En l’absence de consensus, la décision est mise au vote, la position minoritaire n’étant pas écartée mais conservée pour, éventuellement, compléter ou remplacer le choix majoritaire qui se révélerait inadéquat. Tous les délégués doivent strictement respecter leur mandat et consulter la base s’ils ne s’estiment pas mandatés sur la question soulevée. Ils sont révocables et non rémunérés.

 

Ainsi, peut-on parler d’une société sans État, d’une démocratie directe où le législatif et l’exécutif sont fondus dans les assemblées générales des autonomies et dans le conseil de bon gouvernement qui n’est justement pas un gouvernement. Sans constitution ni corpus de lois mais plutôt avec un droit coutumier en perpétuelle élaboration, les zapatistes recherchent la meilleure manière de faire fonctionner l’autonomie.

 

Vous comprendrez bien qu'il ne s'agit pas pour Canaille Rouge de donner clés et mode d'emploi (après ce qui précède ce serait immédiatement se plonger dans les pratiques dont justement il est indispensable de s'extirper). Non, simplement poser la question de savoir si le fonctionnement de la démocratie ne passe que par les règles imposées par les dominants et ceux qui les appliquent parce que toujours principaux voir exclusifs bénéficiaires, ou d'autres ne sont-elles pas à inventer, et rapidement ?.

 

Il ne s'agit pas de se trouver un sous-commandant Martin planqué sur le Plateau de Millevaches pour auto-gérer le Massif Central et ses Marches (les pratiques locales font qu'il y aurait immédiatement pléthore de hors-sol se mettant très vite et sans vergogne sur liste d'attente), non, juste de poser les question de la démocratie de son cadre et de comment dépasser celui – modèle unique imposé – qui démontre qu'il est à bout de courses.

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Rédigé par Canaille Lerouge

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