Guyane

Publié le 2 Avril 2017

A force d'érosion,

de secousses socio-téluriques

la carapace se fendille puis de désagrège.

Le masque tombe.

Les oripeaux se révèlent guenilles

et s'effondrent.

Le roi est nu.

Guyane

Tentons de décoder ces 12 dernières heures :

Les discussions avec le gouvernement ont été suspendues ce dimanche 2 avril en Guyane.

Le collectif portant la mobilisation sociale réclame notamment un « nouveau statut » pour le territoire après l’annonce d’environ un milliard d’euros d’engagements fait par les ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts.

Les discussions devraient normalement reprendre dimanche à 11 heures à la préfecture (16 heures heure de Paris), ont indiqué les participants.
 

Pour mesurer revendications, réponses et choix du gouvernement, il faut avoir en tête que le mouvement porte sur 428 points.

428 !! c'est dire le déni de reconnaissance sociale économique, civique.

Quelle illustration non pas d'un retard mais de l'état d'abandon de la vitrine spaciale hightech mais aux arrières boutiques coloniales.

Voici ce que propose le gouvernement :

Le beauvaucrate intérimaire a mentionné la "pérennisation d'un escadron de gendarmes mobiles en Guyane", l'arrivée de 50 gendarmes et policiers en renfort dès 2017, auxquels 80 gendarmes s'ajouteront entre 2018 et 2020, ainsi que l'augmentation de 50% du nombre de réservistes, dont le nombre passera de 200 à 300.
 
Il a aussi confirmé la construction d'un tribunal de grande instance et d'une prison à Saint-Laurent du Maroni, chiffrés respectivement à 30 et 50 millions d'euros. C'est à comparer aux 250 millions d'euros pour cinq ans pour la construction d’établissements scolaires» du second degré.
 
Ericka Bareigts a fait état de 400 millions d'euros d'investissement pour l'éducation, qui enregistre selon elle "un retard considérable", 85 millions d'euros pour le système de santé guyanais, et 300 millions d'euros dans les infrastructures (ponts, routes). D'autres mesures ont été validées, destinées aux populations amérindiennes, à l'économie ou l'environnement.

Alors que es annonces en termes d’éducation, de la santé, de l’énergie, entre autres, sont jugées insuffisantes. A minima c'est 10% des crédits annoncés qui vont vers des activités à vocation répressive. 

le journaliste du Monde relève :

Pour les différents pôles du collectif "Pou Lagwiyann dékolé" (« Pour que la Guyane décolle »), les choses sont claires : le compte n’y est pas. Justice, école, sécurité, santé, la série de mesures mises sur la table, pour la plupart « d’urgence », mais certains courant sur dix ans, n’a pas, jusqu’alors, mis fin à deux semaines d’un mouvement de protestation multiforme.

Au yeux du collectif, le gouvernement n’a pas pris la mesure des retards accumulés par la Guyane depuis des décennies, des dettes de l’Etat français à son égard, des besoins urgents à satisfaire et de la force du mouvement qui soulève et unit la population guyanaise à l’occasion de cette mobilisation historique.

 

Quand un peuple revendique aussi massivement un statut, c'est soit qu'il en est privé soit que celui dont il dispose ne lui convient pas.

Ce qui se joue de l'autre côté de l'atlantique, c'est aussi l'expression majoritaire du droit à la souveraineté débarrassé du colonialisme

Toujours selon les envoyés spéciaux  des titres et agences (ce qui en soit indique un autre niveau de déficit) c'est l'élargissement du fossé et la façon dont il se creuse.

"Très rapidement, on a vu s’instaurer un véritable fossé d’incompréhension entre, d’un côté, un mouvement qui, aussi pacifique soit-il, se sent porteur d’une ambition historique et un gouvernement dont les jours sont comptés, qui a pris conscience de la force du mouvement, entend y apporter autant que possible des réponses concrètes et précises mais qui ne peut aller au-delà du possible. Impossible de rattraper en trois semaines trente ans de retard. Et que vaudraient des engagements qui n’auraient aucune chance d’être tenus ?

Le dialogue qui a commencé à s’instaurer entre la ministre des outre-mer – le ministre de l’intérieur a dû rentrer dès samedi à Paris compte tenu des autres obligations auxquelles il a à faire face – et les représentants du mouvement est donc des plus précaires. Mme Bareigts ne désespère pas d’un rapprochement des positions. Elle a proposé aux différents pôles du collectif (économique, santé, éducation, énergie, sécurité, foncier, peuples autochtones…) de continuer à discuter concrètement par ateliers."


 

Les voix de la foule, dont celle de nombreuses guyanaises sont claires, nettes et sans équivoque :
"On est déterminés, on joue l'avenir des nos enfants. Ca fait des décennies qu'on nous donne des miettes. Là, on dit stop"
 
Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé", qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, avait demandé quelques heures plus tôt "un statut particulier pour la Guyane".

Rédigé par Canaille Lerouge

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