Au milieu d'une semaine consacrée à jardiner les idées loin de la culture médiatique intensive,

Publié le 11 Avril 2017

Un article de José Fort faisant le point sur la Syrie.

Il a la qualité de rappeler

qui ensensait le clan Hassad ou au moins s'en accomodait

qui et pourquoi déjà le combattait.

Les bombardiers du moment étant les tuteurs d'alors. 

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Le monde est fou (La chronique de José FORT)

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Ce soir, je n’ai pas envie de sourire. Les tirs de missiles en fin de semaine dernière sur une base syrienne décidés par Donald Trump constituent un sérieux avertissement : la paix mondiale est en danger. Et rien n’est plus important que la  la guerre et la paix.

Avant d’aller plus loin dans mon propos et afin d’éviter les interprétations malignes - telles celles lorsqu’on s’inquiète des dérives mélenchoniennes - une précision : le régime de Bachar el-Assad est une dictature sanguinaire. Rien ne peut justifier les bombardements massifs, les dizaines et centaines de milliers de victimes et la répression féroce exercée depuis trop longtemps par l’ancien chirurgien oculaire  de Damas.

J’ajoute que j’ai moi même eu à connaître la réalité du pouvoir syrien. En 1982, j’ai été arrêté puis expulsé de Syrie m’étant approché trop près de la ville de Hama en pleine révolte dont l’inspiration n’incombait pas seulement aux Frères musulmans. A cette époque déjà, plusieurs villes révoltées, comme Alep, avaient été réprimées dans le sang par Assad père entraînant de nombreuses victimes. Les massacres étaient passés sous silence ou presque dans le monde. En France,  les présidents Mitterrand puis plus tard Chirac et Sarkozy n’ont-ils pas rivalisé de relations courtoises avec Assad père et fils ?

L’obligatoire précaution prise, revenons au propos liminaire : les missiles nord-américains balancés sur la Syrie menacent  la paix.

Alors qu’une commission d’enquête de l’ONU était mandatée pour enquêter sur le massacre au gaz toxique survenu à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie et alors que les instances des Nations unies s’apprêtaient à en débattre, le président Trump décidait de déclencher le feu. On savait l’homme imprévisible. On sait désormais, même si on s’en doutait un peu, que ses propensions naturelles pourraient nous entraîner dans une aventure guerrière aux conséquences incalculables d’autant qu’il vient d’envoyer un porte avion dans la péninsule coréenne.

Le président nord-américain si méprisé par la classe politico-médiatique française et européenne est devenu soudainement fréquentable. Fillon qualifie la décision de Trump de «  humaine et compréhensible » ; François Hollande et le candidat à l’élection présidentielle de ce qui reste du parti socialiste en perdition trouve la décision du cinglé de la Maison blanche de «  normale » et «  tardive ». A se demander si l’émotion affichée après le massacre de la semaine dernière ne relève pas du calcul purement politicien.

Il faudrait rappeler au sinistre Trump que la guerre n’est pas un show télévisé. Qu’à jouer avec le feu, si de l’autre côté on s’amuse à en rajouter, sa propriété dorée de Floride pourrait bien partir en fumée. Et quand en France, au milieu de ce monde fou, on délire sur l’énergie pacifique nucléaire sans trouver dangereux les missiles français qui se trimballent sous les mers, un conseil : si vous voulez faire la guerre, merci de ne pas compter sur nous.

José Fort sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

Rédigé par Canaille Lerouge

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