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Publié le 19 Avril 2017

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Etat d'urgence anti social

Etat d'urgence anti social

L’usine GS&M c’est 283 salariés qui risquent de se retrouver au chômage uniquement pour que des actionnaires se gavent de dividendes pharaoniques.

L'Usine est sous-traitante de Renault et PSA.

Environ 150 salariés du fabricant de pièces automobiles GM&S de La Souterraine , dans la Creuse, se sont invités ce mercredi sur les Champs-Elysées pour "demander du travail" à leurs principaux donneurs d'ordre PSA et Renault.

GM&S Industry, spécialisée dans la fabrication de pièces pour l'industrie automobile et l'un des premiers employeurs du département (283 personnes), a été placé en redressement judiciaire le 2 décembre et est sous observation jusqu'au 23 mai.

Les manifestants, en tenue de travail grise et bleue, sont restés une heure devant le showroom de Renault avant de rejoindre celui de PSA, fermé par précaution. Dans l'intervalle, ils ont brièvement investi une voie des Champs-Elysées, à grand renfort de trompes, klaxons et pétards.

« On demande du travail, rien de plus »

A quelques centaines de mètres de l'usine de PSA Poissy, le pouvoir prépare sa réponse aux légitimes revendications des salariés de GM&S.

C'est ça le dialogue social PSA... et l'assistance technique offerte par le pouvoir.

le 10 février, Cazeneuve s'était engagé :  "GM&S, c’est un dossier sur lequel je suis engagé" ses actes précisent à protéger les patrons ».

Après la manifestation réussie sur les Champs Elysées, les salariés de GMS ont décidé de planter les tentes devant l'usine de PSA Poissy et de manifester à tous les abords de l'usine.
Non à la fermeture de GMS ! Les milliards de bénéfices de PSA doivent servir à maintenir tous les emplois !

En octobre 2016, un salarié de l'usine expliquait ainsi la situation :

 

Je vais vous raconter une histoire dont tout le monde se fout.

Est implanté depuis plus de 50 ans à La Souterraine, petite bourgade de 6000 âmes située dans le petit département dépeuplé de La Creuse, une usine de 283 employés à ce jour. Ce site a compté jusqu’à 700 personnes à une époque pas très lointaine. Mais de tout cela tout le monde s’en fout.

Un bel outil industriel pour la région, seconde entreprise du département par le nombre de salariés, si intéressante que la Finance avait décidée de la siphonner. Plusieurs fois reprise par de grand groupes, plusieurs fois en redressement judiciaire, plusieurs plans sociaux et maintenant exsangue. Mais de tout ceci, c’est devenu tellement banal, que tout le monde s’en fout.

A chaque reprise par les Financiers, surfacturation de frais en tout genre, main mise sur les bénéfices, aucun investissement, embauches à minima, baisse de la charge de travail, disparition de la trésorerie, fournisseurs impayés et bien sur au bout du compte quand il n’y a plus rien à ramasser c’est le redressement judiciaire. Et bien sur tout le monde s’en fout.

En 2014, un italien adossé à une holding anglaise, Mr Gienpietro Colla, nous reprend pour 3 euro à la barre du tribunal de commerce de Paris. Tous s’engagent la main sur le cœur à nous soutenir, l’État, les constructeurs automobiles et bien sur le nouveau repreneur. L’État avait octroyé plusieurs milliards d’euro à Peugeot et à Renault pour restructurer la filière des équipementiers automobile, ceux-ci ont versé pour notre usine 4,2 millions d’euro. Mr colla connaît du beau monde et nous promet de ramener du travail… Si besoin recapitalisera l’entreprise. Hé bien, vous savez ? Rien ne se passe comme prévu. Même là, tout le monde s’en fout.

Début 2015 et après l’instauration du chômage partiel, les syndicats commencèrent à s’inquiéter fortement et alertèrent la Direction du site de la forte dégradation de la situation. Une grosse baisse de charge de travail, quelques clients historiques qui nous quittent sans raison valables et la trésorerie qui fond. La réaction de la direction sera de minimiser le problème, qu’il fallait se tenir tranquille, pas faire de vagues et de rester optimiste sur l’avenir du site, circulez y a rien à voir ! En clair tout le monde s’en fout.

Bien sur ça a continué à se détériorer, la Direction se servait par deux fois du CICE pour régler les salaires de juin et d’août. La trésorerie passait en négatif, le chômage partiel augmentait et le paiement des fournisseurs se faisait au goutte à goutte. Les syndicats alertent les politiques locaux et même le préfet de la creuse pour qu’ils prennent leurs responsabilités. Les représentants du peuple allaient tout mettre en œuvre pour aider l’un des plus gros employeur du département, alerter l’actionnaire, les constructeurs et le ministère du travail en lui demandant d’organiser une table ronde avec tout les acteurs du problème. Pour l’instant sans effets. Les petits politiques creusois manquent-ils d’influence à Paris ? Mais tout le monde s’en fout ?

L’actionnaire principal Mr Colla était aux abonnés absents, difficile à joindre et indisponible. Il faisait la sourde oreille aux demandes téléphoniques et écrites du préfet et des syndicats pour éviter de tenir ses engagements à la barre du tribunal. Lui, il s’en fout !

Notre avenir dépendait maintenant des deux nouveaux marchés que nous attendions avec impatience de Peugeot en attente d’affectations maintes fois repoussées. Le couperet est tombé le 7 octobre 2016, pas d’affectation sur le plus important et l’autre reporté. Pourtant rien n’explique ce refus, nous étions certifiés à toutes les exigences requises et même au niveau tarif ?? C’est évident de nous, tout le monde s’en fout.

A quoi servent les milliards donnés aux constructeurs pour réorganiser la filière automobile ? Est-ce pour sauver l’industrie française ou pour la faire disparaître ? Nos politiques n’ont-ils pas droit de regard sur son utilisation ? Les constructeurs automobiles vont bien pourquoi n’en profitons-nous pas ? Allons-nous vers un nouveau redressement judiciaire, voire une liquidation ? 283 familles vont-elles se retrouver en grande difficulté avec les dommages collatéraux que cela implique ?

Puisque tout le monde s’en fout, mesdames et messieurs les médias aidez nous à changer tout cela localement et nationalement. Quand les situations critiques deviennent médiatiques elles ont plus de chance de se résoudre et malheureusement maintenant la politique ne devient active que quand c’est médiatique.

Nous Salariés-es et syndicats CGT et FO de GM\S Industry, nous ne nous résignons pas, l’implication est notre quotidien, l’indignation est dans nos gènes, proposé est dans notre sang et encore une fois nous recommençons la lutte. NOUS ON S’EN FOUT PAS !

Merci de bien vouloir nous rencontrer et ne dites pas on s’en fout.

La Souterraine Mardi 25 Octobre 2016

Rédigé par Canaille Lerouge

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