Il y a 75 ans ce 7 mars,

Publié le 5 Mars 2017

le patronat français et la droite pétainiste

faisait exécuter Pierre Semard

par les nazis

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Le 07 mars 1942, Pierre Semard tombait sous les balles des nazis à l’âge de 55 ans.

Comme le rappelle la fédération CGT des cheminots dont il étaient le secrétaire Général

"La vie trop brève de ce militant d’exception fut d’une intensité remarquable, traversant des moments très forts de l’histoire sociale et politique de la première partie du 20ème siècle. Il reste le symbole de la résistance des cheminots à l’Occupation.

Fils d’un père cantonnier du chemin de fer et d’une mère garde-barrière, Pierre Semard naît à Bragny-sur-Saône (Saône-et-Loire) le 15 février 1887. Il entre aux chemins de fer à Valence en 1912, après avoir occupé divers emplois notamment à Paris. C’est au contact du monde cheminot que Pierre Semard rejoint l’action syndicale qui marquera le début d’un engagement syndical et politique pour la justice sociale et la paix, qu’il mènera tout au long de sa vie.

Plusieurs fois révoqué par la compagnie des chemins de fer ou par la SNCF entre 1920 et 1939, il fut incarcéré par la police française dans la même période. Artisan de la paix, il fut emprisonné deux fois en raison de son engagement, contre l’occupation de la Ruhr et contre la guerre du Maroc puis pour sa lutte contre les dictatures et le fascisme. Il était aussi un partisan farouche de l’indépendance du syndicat vis-à-vis du politique et de la spécificité des luttes dans chaque pays.

 

Précisons aussi que militant du PCF depuis sa fondation,  il fut comme secrétaire général  le premier ouvrier dirigeant d'un grand parti politique. Refusant les luttes d'apparteil et le sectarisme qui mine le jeune PCF de l'intérieur il retourne dans l'activité syndicale 

Il est le Secrétaire Général de la Fédération CGT des Cheminots réunifiée lorsqu'en 1936 pour "le pain la paix et la liberté" face à la menace fasciste triomphe le Front populaire .

1936, sans avoir besoin de faire grève tant la peur de voir l'économie paralysée, le gouvernement Blum s'engagera à ce que soit accordés les  21 jours de congés payés et la semaine de 40 heures dans les compagnies de chemins de fer.

Le 1er janvier 1938, lors de la création de la SNCF, seule nationalisation du Front Populaire, il devient l’un des 4 administrateurs salariés.

11 mois plus tard il sera révoqué de son poste en décembre 1938 pour avoir appelé à la grève contre les décrets_ lois Daladier de novembre 1938.

Pour s'en débarrasser le gouvernement au prix de provocations, cabales et diffamations engage une phase supplémentaire de répression.

Ce gouvernement, issue de la même majorité qu'en 36,  pour servir ce qui sera la bourgeoisie collaboratrice française emprisonne Pierre Semard le 20 octobre 1939.

Après deux ans et demi de prison, le gouvernement de Pétain le livre à l’occupant nazi. 

Le 07 mars 1942, à Evreux, Pierre Semard tombe sous les balles d’un peloton d’exécution.

La fédération CGT poursuit ainsi dans son communiqué : 

Cet acte, qui visait à museler et soumettre au joug des nazis la corporation et la fédération clandestine, va à l’inverse renforcer les cheminots dans leur résistance, leur combat revendicatif jusqu’à la grève générale et l’insurrection en 1944.

Un engagement précieux

L’idéal de progrès social et sociétal de Pierre Semard s’illustra par son action contre la remise en cause des acquis sociaux, la détérioration du Service Public, la fermeture de lignes, en recherchant l’implication des citoyens dans la démarche.

Son combat et son engagement pour la classe ouvrière, portés par la CGT et le PCF alors interdits, se retrouveront dans le programme du Conseil National de la Résistance baptisé « Les jours heureux » qui, à la Libération, met en place sur plusieurs années la nationalisation du gaz et de l’électricité, la création des Comités d’Entreprise, de la Sécurité Sociale, la retraite par répartition, le droit de vote des femmes, la 4ème semaine de congés payés, le SMIG, les ASSEDIC, le statut de la fonction publique…

Ces acquis constituent toujours un socle social révolutionnaire et ce n’est pas un hasard si le patronat et les politiques qui l’accompagnent oeuvrent depuis pour le détruire. C’est pourtant ce modèle social solidaire qui, parmi toutes les nations capitalistes touchées par la crise, a le mieux amorti ses effets sur les travailleurs.

Un combat toujours d’actualité

Unis par leur statut depuis 1938, les cheminots sont porteurs d’esprit de solidarité et de lutte, valeurs qui, dès l’Occupation, structurent de manière prépondérante une conscience de résistance reconnue historiquement et politiquement. Rappelons que notre corporation paya un lourd tribut à la paix, à l’indépendance et à la liberté puisque 8938 cheminots y laissèrent leur vie, 15977 ont été blessés pour faits de Résistance et 1157 sont morts en déportation.

Le devoir de mémoire et de transmission de la connaissance des faits est indispensable pour lutter contre l’oubli et les révisions de l’Histoire.

A l’heure où l’extrême droite avance ses idées de haine et de xénophobie, divise les peuples, tout en ne contestant pas les causes politiques et le capitalisme qui ont conduit à la situation économique et sociale désastreuse, les valeurs de solidarité, de paix et de justice sociale portées par la CGT doivent être diffusées et partagées avec le plus grand nombre de salariés.

Elles sont l’héritage des idées et des combats de Pierre Semard, homme d’exception. Sachons affirmer notre fierté d’être guidés par son courage et ses convictions.

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