Crise de régime, crise de démocratie, pratiques politiques et institutions.

Publié le 1 Mars 2017

 

Quand un candidat

pose un lapin

au pied

du salon de l'agriculture

 

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Nous pourrions en rire s'il s'agissait d'autre chose que de la légitimité des responsables politiques que se donne un pays qui fut longtemps considéré (à tord) comme un repère de ce que devrait être l'équilibre des pouvoirs.

Ce qui se passe en ce moment en France est grave, dangereux voire mortifère. De façon différentes mais convergentes tous les candidats participent à cette curée antirépublicaine, la droite et son extrême disposant en la matière d'expérience valant expertise.

Cette crise institutionnelle profonde, dont on ne peut sortir que par une mise à plat des institutions avec la pose de gardes fous interdisant à des personnages compromis d'exercer des fonctions politiques publiques, faute d'un mouvement populaire exerçant sa souveraineté républicaine installe notre pays au bord d'un gouffre dans lequel il peut déraper à chaque instant.

Le seule contrepoids possible ne peut venir que d'une réaction populaire exerçant souverainement sont autorité pour interdire à tous les hors-sols de continuer à assurer leurs prébendes en se jouant de la morale républicaine.

Ce qui fait le socle commun de toutes ces crises, c'est l'argent.

Celui qu'on cache, celui qu'on détourne, objet de convoitise, outil de sélection, celui qui sert à financer l'accumulation et finance les outils de sa pérennisation, de l'organisation sociale et son cadre politique, cadre qu'il fait garantir par son cadre juridique autour du droit de propriété. Cet argent qui manque au plus grand nombre pour vivre quand d'autres ne savent qu'en faire et le dilapide.

Quand 8 personnes possèdent l'équivalent de ce dont dispose pour survivre la moitié de l'humanité, que ces 8 maîtrisent et pilotent les moyens de coercitions idéologiques étatiques pour imposer cet état de fait, la question du fascisme ne se pose pas en terme de menace mais en termes d'actualité du combat. 

Dans l'espace politique concernant notre pays, cette question n'est pas ou mal posée : si la fragilité institutionnelle est à ce niveau, est-ce une dérive qui y a conduit ou la structure même des institutions et la conception monarchique du pouvoir inscrite dans la constitution qui fabrique les conditions de cette dérive, aggravée par la place devenue logiquement prépondérante de l'argent comme outil principal de promotion et de régulation de ses cadres ?

Rappelons quand même qu'en France, trois mois avant les affaires politico affairistes qui font la une, un homme affamé ayant dérobé un fromage valant 2€ a été condamné à 3 mois de prison ferme avec incarcération depuis l'audience. Au milieu de ce temps juridique, au moins deux personnalités politiques et économiques du pays, reconnus coupables de détournements et fraudes (donc de vols) de plusieurs dizaines voire centaines de millions d'Euro ont été dispensés de peine pour des raisons d'aristocratie politique et économique, des notables délinquants de haut vol continuent le pillage en toute quiétude depuis leur donjon électoraux ou leurs manoirs fonciers.

Qui osera interpeller les fraudeurs, prévaricateurs, escrocs gravitant tous dans un confortable et dispendieux népotisme mis en lumières par l'instruction judiciaire des affaires et pour cela les font hurler à la persécution ? Qui osera leur poser la question ?

Que dit la constitutions :

« Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.(article 4 de la constitution)

lequel article 1 énonce : 

"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales".

 

Il ressort de ce texte que la légitimité de la représentation politique n'est pas prioritairement voire exclusivement entre un(e) candidat(e) et les électeurs mais d'abord entre une organisation politique qui présente la-le candidat(e) et le corps électoral.

Donc, l'argument de supra légitimité du (de la) candidat(e) par soi même annoncé et au-dessus de la loi commune est constitutionnellement révocable parce qu'infondé et même, l'usage de l'argument (Le Pen et Fillon l'emploient sans limite) est...inconstitutionnel. Tout deux avocats ne peuvent l'ignorer et s'inscrivent donc dans une logique de forfaiture.

Mais surtout l'architecture politicienne ainsi présentée montre une des faillites nées de la crise institutionnelle et en cela validerait l'argumentation d'un Mélenchon si lui même en contournant gaillardement cet article 4 ne s'installait hors de tout mouvement de masse, en dehors des jalons constitutionnels dans lesquels pourtant il dit inscrire sa campagne. Certes, pour annoncer ensuite un changement constitutionnel que Canaille le rouge, là, partage, mais où pour La Canaille le préambule de 1946 et les deux articles (1 et 4) ne doivent as être bougés et tant que la constitution est en vigueur doivent être d'autant plus respecter pour combattre ceux qui la trouvant trop démocratique cherchent à s'en affranchir... ou alors il ne s'agit pas d'une bataille politique dans le cadre institutionnel, Canaille le rouge pour sa part ne le rejette pas mais il faut l'assumer et le dire clairement , ne pas avoir peur de faire peur au sien, en l'occurrence pour Mélenchon peur d'effrayer le bourgeois ...et de cesser de traiter par le mépris ceux qui ne serait pas et ne veulent pas être de la caste ou du cercle de ses grands initiés.

Ce passage en force d'une minorité agissante, thèse bien connue des théoriciens ayant bercé la formation initiale de Mélenchon le conduit à ignorer les formations politiques (ce qui est du ressort du débat entre elles) mais surtout à s'affranchir du respect  de la rêgle d'un jeu où il a décidé de participer en  contournant les organisations de l'espace social (syndicat associations etc.) lesquelles concourent au moins autant à la vie de la République, confisquant l'espace du débat citoyen ce qui de point de vue de l'affichage démocratique le met à égalité de pratique... anti démocratique, d'avec tous ses concurrent(e)s.

Et d'un seul coup, on s'aperçoit qu'il n'y a pas qu'un lapin pour les journalistes un mercredi matin porte de Versailles mais tout un clapier posé aux citoyens électeurs.

Pour rappel : 

Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946

 


1. Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

2. Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

3. La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.

4. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République.

5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

7. Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.

8. Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises.

9. Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

10. La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

12. La Nation proclame la solidarité et l'égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.

13. La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'Etat.

14. La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.

15. Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l'organisation et à la défense de la paix.

16. La France forme avec les peuples d'outre-mer une Union fondée sur l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.

17. L'Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.

18. Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l'arbitraire, elle garantit à tous l'égal accès aux fonctions publiques et l'exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus.

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