Des souvenirs pour canaille le Rouge

Publié le 7 Février 2017

 

Tout gosse, il avait 10 ans,

le 8 a entendre à la radio,

le 13 présent pour les obsèques.

 

Résultat de recherche d'images pour "charonne metro"

7 Février : dix charges plastiques explosent au domicile de diverses personnalités Un dernier attentat qui vise André Malraux défigure une fillette de 4 ans, Delphine Renard

Le parti communiste et la CGT décident de riposter.

La CFTC opte pour l'organisation d'une manifestation de masse.

Le soir même du 7 février, les responsables de la CGT et de la CFTC se rencontrent à la bourse du travail et décident d'appeler à une manifestation massive le 8.

La FEN et l'UNEF sont également représentées à cette réunion.

Un tract d'appel est édité :

 

« TOUS EN MASSE, ce soir à 18 h 30, place de la Bastille »

Les assassins de l'OAS ont redoublé d'activité. Plusieurs fois dans la journée de mercredi, l'OAS a attenté à la vie de personnalités politiques, syndicales, universitaires, de la presse et des lettres. Des blessés sont à déplorer ; l'écrivain Pozner est dans un état grave. Une fillette de 4 ans est très grièvement atteinte. Il faut en finir avec ces agissements des tueurs Fascistes. Il faut imposer leur mise hors d'état de nuire. Les complicités et l'impunité dont ils bénéficient de la part du pouvoir, malgré les discours et déclarations officielles, encouragent les actes criminels de l'OAS.

Une fois de plus, la preuve est faite que les antifascistes ne peuvent compter que sur leurs forces, sur leur union, sur leur action. Les organisations soussignées appellent les travailleurs et tous les antifascistes de la région parisienne à proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d'imposer la paix en Algérie. »

Le texte est signé des organisations syndicales CGT, CFTC, UNEF, SGEN, FEN et SNI. Le PCF, le PSU et le Mouvement de la paix sont associés à l'appel

La police va charger sans aucune retenu avec diront les témoins et l'histoire confirmera "la volonté de tuer"

Le 12 février 1962, le Premier ministre Michel Debré se rend dans les locaux de la police parisienne, pour « apporter le témoignage de sa confiance et de son admiration » ; puis, le 13 avril de la même année, il écrit une lettre à Maurice Papon, rendant « un particulier hommage à [ses] qualités de chef et d’organisateur, ainsi qu’à la façon dont [il a] su exécuter une mission souvent délicate et difficile

8 morts sur place, le 9e à l'hôpital, assassinés par la réaction.

La police commandé par  Papon proposé par Foccard à De Gaulle, couvert par Roger Frey, ministre de l'intérieur (proche du Soustelle de l'OAS).

Tous l'avaient mis là consciemment à la préfecture de police , lui et ses fascistes des compagnies spéciales d'intervention brigades spéciales.

Souvenir décisif pour La Canaille. Le 13 février son père l'avait emmené à ce qui sera sa première manif, conscient du pourquoi il était là.

Le froid, un temps de février où la pluie lançait parfois des aiguilles de grésil.

Et ce silence jamais depuis entendu à Paris, même après les dernier attentats. Une sorte de hurlement silencieux de douleur et de colère où pas un son ne s'entendait.

Ces femmes et hommes dont le plus grand nombre avaient connu la guerre, côtoyé la mort, qui pour certains, nombreux parmi les porteurs de gerbes étaient présents le 8 et y avaient pris des coups. Parmi eux nombre avaient connu la répression, la torture, la déportation, leur regard embués et  cette colère. La vigilance aussi pour protéger le cortège. 

55 ans plus tard, rien que le nom, y passer, y penser, cela donne des frissons.

Durant des dizaines d'années, toutes les manifs qui partaient vers ou de la Nation voyait le défilé stabiliser le rythmes de ses pas, les mots d'ordres se taire, les bavards rappelé à l'ordre.

Quand on passe en cortège à Charonne "on fait silence".

Canaille le Rouge pour sa part a gardé cette habitude.

Repost 1
Commenter cet article