Trump, à propos de son mot d'ordre " América First "

Publié le 26 Janvier 2017

 

toute pratique 

est pratique

d'une théorie.

La théorie de Trump,

quelle est-elle?

 

Charles Lindbergh lors d'une réunion publique du comité America First (AFC rally)

Les racines nazies de l'idéologie de Trump 

A propos  des déclarations en cascade de l'ultra réac qui vient de s'installer à la Maison Blanche.

Plus que jamais l'adage " les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis " se révèle fort utile à avoir en tête tant ceux-ci peuvent aussi être mes ennemis.

De même un mot d'ordre, titre ou intitulé est toujours à contextualiser par ceux qui s'en servent l'exemple du " Front National " est ici caractéristique, celui historique et originel étant aux antipodes de son usurpateur de maintenant.

Il en va de même du slogan " América First" qui n'à rien à voir avec ce que fut le journal " France d'abord " journal des FTP né en décembre 42 dans la résistance au nazisme et à la collaboration. Aux outre atlantique, il renvoi à la filiation idéologique revendiqué et de plus officiellement affiché par Trump.

"América First" est le nom d'un mouvement né aux USA dès le début des années 40, présenté de façon édulcorée comme isolationniste alors qu'il est, autour de Charles Lindbergh son animateur, profondément nazi. (Notons que Gerald Ford sera parmi ses fondateurs).

Lindbergh est décoré le 28 juillet 1936 de l'ordre de l'Aigle allemand par Hermann Göring. À cette occasion, Lindbergh qualifie Hitler de " grand homme "

En octobre 1940, Lindbergh préconise que l’Amérique « reconnaisse les nouvelles puissances en Europe ».

Sur le fond théorique de son mouvement, il se liera d'abord pour des raisons de recherche technologique en d'ingénérie chirurgicale puis idéologiquement avec Alexis Carrel - hélas prix Nobel français- théoricien de l'inégalité biologique des races.

Carrel théorise sur l'exigence d'un eugénisme, estimant que « la sélection naturelle n'a pas joué son rôle depuis longtemps ».

Lindbergh sera le supporter de Carrel y compris lorsque celui-ci affirme que « beaucoup d'individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l'hygiène et de la médecine », affirmant que l'eugénisme est indispensable pour la perpétuation d'une élite possédant une connaissance globale de l'homme, revendiquant "un eugénisme négatif, c'est-à-dire l'élimination pure et simple d'humains qu'il estime indésirables à son projet de « restauration de l'homme dans l'harmonie de ses activités physiologiques et mentales » dans le but de « changer l'Univers ».

Ainsi, Carrel (dans le chapitre VIII Reconstruction de l'homme, sous-chapitre XII Le Développement de la personnalité), propose le (re-)conditionnement par le fouet et l'euthanasie pour les plus criminels, même s'ils sont aliénés ".*

Au début des années 1990 : le F-Haine ressort les arguments eugénistes du médecin pour légitimer  son idéologie anti-immigration.

Quand à Lindbergh, partisan de la neutralité américaine au début de la guerre, il devient, de 1940 à 1941, à la tête d'América First l’un des principaux porte-parole du mouvement isolationniste raciste et antisémite.

En mai 1941, Roosevelt lui demande de renvoyer la « médaille de la honte » reçue des mains d'Hermann Göring, ce qu'il refuse de faire, préférant démissionner de son poste de colonel au département de la Guerre.

Le 11 septembre 1941,lors du meeting America First à Des Moines, il pose la question et sa réponse devenue sinistrement célèbre dans un discours radiodiffusé : « Qui sont les agitateurs bellicistes ? », à quoi il répond : « Les Britanniques, les Juifs et l'administration Roosevelt. » Cette intervention suscitera une ovation d'une partie du public et la stupéfaction, voire l'indignation, d'une autre partie.

Les déclarations de Lindbergh vont peu à peu éclairer son passage avec ses fidèles du rôle de "pacifistes pro-américains" à celui de militants pro-nazis antisémites sympathisants du Führer. Il faudra la déflagration de Pearl Harbour et la colère du peuple américain pour que Lindbergh cesse ses manifestations publiques pro-hitlériennes.

En 1943, "América First" devient officiellement le nom d'un parti pro- nazi dirigé par le pasteur Gerald L.K. Smith. Cette organisation se fixe comme objectif de « d’encourager les valeurs traditionnelles de la foi, de la famille…, nettoyer le système politique corrompu », une vulgate fasciste d'alors en peine résonance avec les propos de Trump aujourd'hui.

Les historiens américain notent que'«America First incarnait une idée –la neutralité des États-Unis vis-à-vis des nazis– qui avait été presque entièrement bannie de tout discours respectable jusqu'à son l'émergence dans la campagne des "néocons" des USA  jusqu'au nouveau président.»

Le mot d'ordre se cristalisera à partir de 2002 autour des cercles néoconservateur squi servent de plaques tournante aux KKK et au parti nazi américain .

Depuis 8 jours, l'occupant de la maison blanche, ses déclarations racistes anti arabes, anti hispaniques, son soutien publiquement affirmé à la torture devrait conduire ceux qui n'ont qu'une lecture sélective de ses choix concernant l'Otan et quelques autres points à reconsidérer leur propos.

Ceux là, c'est d'autant plus navrant qu'il le font par oeillères, ignorance ou autres , au nom d'une lecture restée nostalgique d'une URSS antifasciste disparue et remplacée par un représentant du capital oligarchique Russe lié à l'appareil religieux des plus réactionnaire. Un pouvoir politico économique qui n'a rien à envier en matière de volonté impérialiste à celui de l'UE dont la France et l'Allemagne ou celui des USA d'Obama à Trump.

Oui, les enemis de mes ennemis ne sont pas forcement mes amis et peuvent être d'irréductibles ennemis.

La preuve par Trump.


 

* Mort en 1944, les actions des antifascistes et antiracistes conduiront à débaptiser l'université Lyon I et un lycée a qui la réaction lyonnaise avait attribué son nom.

Repost 0
Commenter cet article