Bienvenue au Berlusconiland, honneur à ceux qui le combattent

Publié le 28 Janvier 2017

 

Venise

la ville de la noyade

médiatiquement assistée

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La photo, prémonitoire, date de mai 2016. 

La taille démesurée du "réfugié" (7m), était une façon d'attirer l'attention des Européens sur l'importance du problème de la migration.

Ce n'est pas une effigie qui a sombré noyée ce 21 janvier

Après avoir détourné ses regards, la mairie est restée silencieuse plusieurs jours , celle-ci vient d’annoncer qu’elle prendrait les obsèques à sa charge de Pateh Sabally, un réfugié gambien qui s’est noyé le 21 janvier.

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Quelques centaines de personnes se sont rassemblées, vendredi 27 janvier, à la nuit tombante, sur le parvis de la gare de Venise, devant le Grand Canal, pour rendre hommage à un inconnu. Parmi les manifestants, une trentaine de migrants africains venus des structures d’accueil du quartier de Mestre, à qui de nombreuses personnes, souvent les larmes aux yeux, prodiguent de timides gestes d’affection. Une couronne de fleurs déposée sur l’eau a flotté quelques minutes avant de disparaître.

Pateh Sabally est mort ici même cinq jours plus tôt. Dimanche 21 janvier, ce réfugié gambien de 22 ans, arrivé en ville par le train, s’est assis sur les marches de la gare quelques minutes, puis il est venu se glisser dans l’eau glaciale, laissant sur le bord un sac plastique contenant ses maigres effets personnels. Il a succombé en quelques minutes, devant des centaines de témoins.

Une vidéo de la scène, diffusée sur le site du journal local Il Gazzettino, a fait le tour du monde en quelques jours. Sur ces images insoutenables, on entend distinctement, en italien, des « idiot ! », « rentre chez toi ! » ou même « laissez-le mourir ! ». Sur un autre enregistrement, diffusé par la suite, on distingue des bouées jetées d’un vaporetto. Le jeune homme ne s’en saisit pas. En avait-il encore la force ?

« N’y allez pas ! Il fait semblant ! »

Selon un témoignage recueilli par le Corriere del Veneto, un secouriste se préparait à se jeter à l’eau, mais il a été distrait par une femme criant : « N’y allez pas ! Il fait semblant ! » Quand il est revenu au bord de l’eau, Pateh Sabally avait déjà été englouti.

« Pourquoi a-t-il fait ça ? C’est un mystère, assure Alain, un pharmacien de la ville, venu en Italie depuis le Cameroun pour étudier, il y a vingt ans. Les journaux disent que sa demande de titre de séjour avait été rejetée. Mais quand on a traversé le désert et la mer en risquant sa vie, est-ce qu’on se tue pour un bout de papier ? »

La mairie de Venise est restée silencieuse plusieurs jours avant d’annoncer qu’elle prendrait les obsèques à sa charge. Et l’adjoint à la cohésion sociale, Simone Venturini, a pris la parole pour dénoncer les accusations de racisme. « J’ai vu la vidéo, la plupart des phrases obscènes qu’on entend n’ont pas la cadence vénitienne, elles ne ressemblent pas à notre dialecte. Ceux qui hurlaient n’étaient pas des Vénitiens. »

Une semaine plus tôt, en conseil communal, questionné sur la régulation du tourisme, le maire, Luigi Brugnaro, avait évoqué le risque que les visiteurs soient « remplacés par des Nigérians », avant de disserter sur les dommages causés à la lagune par les flamants roses.

Le plaidoyer du maire adjoint est obscène et en rajoute sur l'état des mentalités dominantes dans la lagune.

En vénitien, f-haine se dit ligue du nord ou Forza Italia (version italienne du "América first" de Trump).

Ce sont les mêmes.

Suite aux élection municipales pour remplacer l’ancien maire de Venise (Giorgio Orsoni, contraint de démissionner après un scandale de pots de vins du Mose), les élections on nommé, pour diriger la ville, une coalition qui a choisi, le 15 juin 2015, pour maire, le peu discret Luigi Brugnaro.

Ce populiste proche de Silvio Berlusconi, dont il est un fervent admirateur et dont il copie la manière n’aime pas les étrangers, qu’on se le dise !  De 2009 à 2013 il a été président de la Confindustria de Venise (le MEDEF du coin).

Il s’est présenté comme « indépendant », mais tous les italiens savent qu’il est proche de Forza Italia le parti fondé par son mentor. Il a été élu au sein d’une coalition qui réunit également, Area Popolare (une fédération de centre droit chrétienne, assez populiste), la Lega Nord, le parti de droite indépendantiste, Fratelli d’Italia, le parti d’extrême droite, et une liste civique qui regroupait des membres du tissus associatif vénitien hostiles à un tourisme de masse dans la cité des doges

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #venise, #racisme, #fasciste, #capitalisme, #réfugiés

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