Au risque d’être un tantinet à rebrousse-poils.

Publié le 27 Décembre 2016

 

il faut

savoir briser

les icônes

 

Au risque d’être un tantinet à rebrousse-poils.

Au prétexte du souvenir des guérilleros et brigadistes enagagés en 1940 dans les FFL, il ne viendrait à l’idée de personne de venir en 2016 pleurer la mort éventuelle d'un chœur de la légion étrangère en route vers l’Afghanistan

Personne qui défendrait l'idée que les GI’s de Bagdad en 2004 sont les héritiers de ceux des plages de Normandie en 44. 

De même, qui irait dire en 2017 que la Bundeswehr est l’héritière idéologique de la Wehrmacht ?

Un avion vient de s'écraser en mer noire et a fait de nombreuses victimes, c'est un drame. Il transportait des spécialistes de musique militaire auréolés de prestige, artistes talentueux et aussi des membres d'ONG humanitaires. L’émotion retient la perte des 60 artistes. 

En France, remonte à la surface des ondes croisées de nostalgie qui font bouillir la marmite politico-affective.

Mais pour l’état-major de l’armée de Russie, le pouvoir russe et ses oligarques banquiers de l'extrême droite européenne, ce chœur était-il autre chose qu’un paravent chargé d’histoire et de mémoire de ce qui n’est plus l'Armée rouge ? 

De même que les armées napoléoniennes n’étaient plus celle de Valmy, de même que l'Ortéga de 2016 et ses alliances n'est plus le sandiniste antisomoziste du siècle dernier, tout comme l'avion polonais qui se vautre avec le gouvernement à son bord n'est pas celui du retour des Résistants antifascistes polonais en 46, il y a usurpation d’identité et une captation d’héritage qui fait des dégâts en soulevant des ondes de nostalgie parmi ceux qui ne voient l’armée de la Russie de Poutine que comme l’héritière de l'Armée rouge de l’URSS.

Comme il est curieux de voir comment celles et tous ceux qui font efforts pour se démarquer de façon ostentatoire et à juste titre de tout culte de la personnalité et dérives autoritaristes quand il s’agit de Staline à Brejnev, qui tentent d'avoir une vision dialectique de l'histoire de l'URSS de 1917 jusqu'aux abandons de Gorbatchev, oublient complètement que toute institution est celle du système qui la porte et l'entretien.

Comment faire l'impasse sur ce que les chœurs en question appartiennent au même corps d’armée là-bas, comme ici la garde républicaine à cheval et son costume d’apparat sont dans les mêmes casernements que ceux qui dégoupillent leur « grenade de désencerclement » dans les manifs ou quadrillent les villes des DOM TOM avec leurs blindés ?

À qui profite l’illusion ? D’ailleurs, les derniers vétérans de l'Armée rouge ne s’y trompent pas qui manifestent régulièrement contre les dérives nationalistes au point de mettre souvent Poutine dans l'embarras.

La perte artistique est considérable. C'est un fait. Mémorielle aussi. Les prestations des " Chœurs de l'Armée rouge " renvoient à un passé glorieux chargé du combat d'une armée populaire et révolutionnaire contre les interventionistes impérialistes et les attamans lors de la révolution de 1917,  celui héroïque de tout un peuple contre le nazisme. 

Nombreux sont celles et ceux qui tentent d'en maintenir la flamme avec parfois le risque de se laisser enfermer dans une vision quasi-religieuse et parfois au prix de raccourcis qui ne conduisent pas à tirer leçon de l'expérience.

Pour Canaille le Rouge, les Chœurs de l'Armée rouge comme les Ballets Mosïsseev, le Bolchoï font partie de ces icônes talentueuses, souvenir d’un avenir dont nombreux sont ceux, La Canaille compris, qui ont cru qu'il était gravé dans le marbre et enjolivé de fleurs. 

Les fleurs sont fanées, le gel et les séismes ont éclaté le marbre, il ne reste que souvenirs qui, outils de religions, recherchent leur reliquaire. 

Méfions-nous de la vénération des icônes, les vapeurs qui sortent des encensoirs sont toujours celles de l'opium.

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