"Retenez-nous ou on fait un malheur !". Ah bon ?

Publié le 7 Novembre 2016

Vaudeville politique

"Retenez-nous ou on fait un malheur !".  Ah bon ?

On pourrait en sourire voir par certains aspects presque en rire si ce n'était pas avancé dans une période politique où l'horizon est plus que bouché pour le mouvement populaire.

Dans l'Humanité rendant compte des travaux de son CN, ce petit couplet qui laisse pantois :

"Une résolution, adoptée à plus de 90 % par la conférence nationale, l’engage à la construction d’un « nouveau front populaire et citoyen » autour d’un double objectif : « Combattre la droite et l’extrême droite, et les empêcher de conquérir le pouvoir en 2017 » et « porter au pouvoir, au printemps, une nouvelle majorité politique de gauche alternative à l’austérité, au service des luttes sociales, pour ouvrir un espoir de progrès et de solidarité pour la France »."

 

Passons sur le fait que pour la première fois dans l'histoire de ce parti, publiquement, une proposition de la direction valant orientation stratégique est rejetée. Rions à voir comment cela est traduit par l'Huma par "une approbation de 90%"...sur un autre aspect de leur débat.

Là où il y a problème et du point de vue de La Canaille c'est cela qu'il faut retenir, alors que selon les organisateurs de cette réunion, tout ceux qui au sein di P"c"F comptent dans la capacité de proposer une voies politiques pour sortir la France de l'ornière où la noria des politiques de droite l'enferme pour servir le capital étaient rassemblés, rien. Néant, nada, la pétole. Rien qui propose de s'attaquer à la cause fond : ce capital, nada d'avancé pour rassembler pour le subvertir.

Et cette phrase, molle des genoux aussi réjouissante qu'un 31 décembre chez Fogiel ou un 14 juillet au Puy du Fou : "porter au pouvoir, au printemps, une nouvelle majorité politique de gauche alternative à l’austérité, au service des luttes sociales, pour ouvrir un espoir de progrès et de solidarité pour la France »." La bourse va trembler, les patrons vont se jeter du haut de la terrasse du Medef, Les caciques du CAC à rentes vont demander l'asile politique à Vaduz. 

Le capitalisme système d'exploitation à éradiquer, où apparaît-il dans leur conclave ? 

Mais alors, pourquoi le PCF a-t-il été créé si ce n'est pas pour cela ? Et donc pourquoi quand et comment cette rupture qui abouti à ce maintenant P"c"F qui laisse désarmé un peuple agressé par tous les courants réactionnaires lesquels se disputent pour s'emparer des institutions pour encore frapper plus fort le mouvement démocratique et faire plier le corps social du pays pour ainsi garantir les profits ?

Outre que proposer un "nouveau Front Populaire" au delà de la petite musique qui certes sonne bien aux oreilles, traduit une incapacité à inventer ce neuf qui frappe à la porte comme le disait Gramsci,  par absence de perspective laisse le champ aux forces du passé pour se déployer., 

Comment réussir à faire comprendre aux plus sincères parmi les 50 000 encore présents qu'en 36 les communistes d'alors n'ont pas cherché à refaire la Commune mais imposé le Front Populaire, qu'en 44 ils n'ont pas proposé le Front populaire mais imposé un contenu antifasciste et anticapitaliste au programme du CNR et que le déclin que nous (Canaille le Rouge ne se soustraira pas à sa part de responsabilité) avons appelé "retard" s'est amorcé quand le rétroviseur amoureusement enjolivée a servit à définir un cap dont nous n'avons dès lors pas réussi à réellement changer.

On ne prend pas de retard sur l'histoire ; on se goure; la somme de ces erreurs trace la dérive.

Il faudra bien que ceux qui restent attachés à l'image de la grandeur passée finissent par y voir clair s'il ne veulent rester enfermer dans les cales d'un Titanic où les ont enfermés les officiers qui pour certains d'entre eux commandent la manoeuvre déjà embarqués à bord des canots de sauvetage.

De mutation en mutation, de fameux trois mats cette Marie-joseph est devenue une barge ingouvernable et, avec ou sans mutins d'un bounty institutionnel, sans mat ni hélice, est condamnée à la dérive et soumis à la remorque du premier ferrailleur fort en gueule de passage ou à se drosser sur le granite rose des côtes de la social-démocratie

Pour Canaille le Rouge la question de fond perdure et perdurera tant qu'une organisation politique rassemblant toutes celles et tout ceux qui veulent se débarrasser de la cause ; le capital , ne s'affranchiront pas de l'action des moyens dont celui-ci s'est doté pour maintenir sa domination : ses institutions.

L'élection présidentielle présentée comme la clé de voûte de la démocratie est en fait la clé des grilles qui servent à la museler.

C'est ce verrou qu'il faut faire sauter et, pour que la démocratie reprenne couleur et souffle, que ceux que le peuple choisiront pour les représenter soit éligibles et révocables à partir de mandat impératif non cumulatif.

En 1967, Waldeck Rochet aussi grand dirigeant qu'il était un homme modeste et rigoureux interpellait les communistes en leur demandant de réfléchir à ce que devait être "un révolutionnaire dans la France de notre temps". Canaille le Rouge n'aura pas la prétention de porter la réponse mais il soumet ses réflexions pour participer à une dynamique révolutionnaire qui y apporte une réponse collective. Et parce que pour faire la Révolution il faut une organisation révolutionnaire, pour se doter des outils organisationnels pour la construire.

Rédigé par Canaille Lerouge

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