Mises en fiches, 60 millions de conspirateurs

Publié le 3 Novembre 2016

Quand Big Brother se teint en rose,

c'est la démocratie qui se couvre de bleus.

 

Mises en fiches, 60 millions de conspirateurs
Mises en fiches, 60 millions de conspirateurs

Selon le calendrier des PTT (la poste reloockée 2016) avec ou sans loi de 1905, (la poste reloockée 2016 maintient au nom de la religion dominante que le 30 octobre fête les Bienvenue
 

Pas sûr que d'un point de vue de patronage la date ait été bien choisie.

Certains que du point de vue du contenu la date n'a pas été choisie au hasard : une tentative d'éviter les vagues comme la promulgation de la loi travail durant le weekend du 14 juillet. C'est aussi à cela qu'on reconnait la Solférinocratie : elle est aussi adroite que la droite pour organiser ses mauvais coups.

Ce fichier baptisé «Titres électroniques sécurisés» (TES) fait l'objet d'un décret du gouvernement paru ce dimanche au Journal officiel.

Il réunit dans une seule base les données (identité, couleur des yeux, domicile, photo, empreintes digitales...) des détenteurs d'un passeport et d'une carte d'identité nationale.

Le moins qu'on puisse dire c'est que ça tousse de partout jusqu'à la patronne de la CNIL (voir ci dessous) qui rejoint les organisations de défense des droits de l'Homme, .

 

 

Un avis plus qu'autorisé déclarait ceci à propos du principe de ce fichier :

"Ce texte contient la création d’un fichier à la puissance jamais atteinte dans notre pays puisqu’il va concerner la totalité de la population !

Aucune autre démocratie n’a osé franchir ce pas. Qui peut croire que les garanties juridiques que la majorité prétend donner seront infaillibles ? [...]

Aucun système informatique n’est impénétrable. Toutes les bases de données peuvent être piratées. Ce n’est toujours qu’une question de temps."

L'auteur de cette sentence forte n'est autre que  Jean-Jacques Urvoas, l'actuel Garde des Sceaux mais assénée à l'époque où simple député socialiste il s'opposait à Sarkozy qui voulait l'instaurer.

Comme il est de notoriété publique que Sarkozy n'a jamais quitté le camp de la pensée ultra-réactionnaire, à vous de conclure.

Isabelle Falque-Pierrotin patronne de la Cnil demande un débat parlementaire s'inquiète du fichier rassemblant des données sur 60 millions de Français et des éventuelles dérives. «Cela nécessite un débat au Parlement.»

  •  «Il s’agit d’un changement majeur» : Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) plaide pour un débat parlementaire sur le nouveau fichier regroupant les données personnelles de quasiment tous les Français, qui soulève des craintes pour les libertés publiques. «Il existait déjà un fichier pour les passeports de 15 millions de personnes, mais là, on passe à un fichier national qui concerne tous les Français. Cela n’a jamais été fait et je crois que cela nécessite un débat au Parlement. Il ne nous paraît pas convenable qu’un changement d’une telle ampleur puisse être introduit, presque en catimini, par un décret publié un dimanche de Toussaint», a expliqué la présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pierrotin, dans un entretien recueilli par l’AFP.

«C’est une affaire sérieuse, importante, qui touche tous les Français. Je crois nécessaire qu’il y ait une décision collective sur un sujet aussi sensible, non seulement par son contenu mais par son existence même. Il faut que la souveraineté nationale pèse les avantages et les inconvénients du dispositif et exprime un choix politique», a-t-elle insisté, regrettant que le gouvernement ait choisi, contre son avis, d’adopter «la voie réglementaire». «Mais il est toujours possible d’organiser un débat au Parlement, c’est encore d’actualité», a-t-elle fait valoir.

Plusieurs voix se sont déjà élevées pour déplorer la création d’un «mégafichier de 60 millions de Français». Auprès de Libération,le sénateur socialiste Gaëtan Gorce, membre de la Cnil, a déploré que le gouvernement ait décidé de créer «un fichier monstre» et le président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, Michel Tubiana, a redouté un possible «piratage du fichier».Les «risques» du fichier

Consultée par le gouvernement le 20 juillet, la Cnil avait rendu le 29 septembre un avis dans lequel elle recommandait notamment au gouvernement la réalisation d’une «véritable étude d’impact» et «l’organisation d’un débat parlementaire».

Interpellé mercredi à l’Assemblée par le député LR Lionel Tardy qui regrettait déjà l’absence de débat au Parlement, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a assuré que toutes les garanties avaient été prises et a défendu une simplification administrative. Le locataire de la place Beauvau a également souligné que la CNIL a considéré que les finalités du fichier «étaient déterminées, explicites et légitimes».

«Quel est le risque de ce fichier ? C’est qu’il soit utilisé pour permettre l’identification des gens à la volée, dans la rue. On attrape votre photographie via une caméra de surveillance ou on récupère votre empreinte digitale sur une scène de crime ou lors d’une manifestation et on les compare avec une base de données centrale», explique Isabelle Falque-Pierrotin.

«Il est évident que ce n’est pas du tout aujourd’hui dans les finalités du fichier qui a pour vocation de lutter contre l’usurpation d’identité», mais «cet outil de grande ampleur peut faire craindre qu’il puisse être utilisé à d’autres fins, peut-être pas aujourd’hui mais demain», souligne la présidente de la Cnil. Et, parmi les services de sécurité, «le nombre très large des personnes habilitées à consulter le fichier, en gros quelque 2 000 personnes, accroît potentiellement ce risque», a-t-elle ajouté, en pointant également les risques d’attaques de hackers.

LIBERATION avec AFP
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