A propos d'une manifestation "spontanée"

Publié le 19 Octobre 2016

Et des moyens d'expression

d'un mécontentement

A propos d'une manifestation "spontanée"

une manifestation nocturne qui amène deux ou trois réflexions.

La première, c'est la façon dont la direction de la Police Nationale avant de jouer les matamore a laisser s'organiser une telle initiative en plein état d'urgence alors que tout autre cortège parisien est interdit, réprimé et au moins "nassé" avant d'être gazé et matraqué.

Curieux quand même que ces inorganisés soit en capacité par SMS et texto de venir sur une des avenues  les plus surveillée de la planète avec leur outil de travail (véhicules gyropharisés) à une heure où normalement toutes les surveillance des différente brigades aurait du mettre en alerte immédiate le PC de la Pref de police et envoyer ...des forces de l'ordre pour assurer le controle.

Imagine-t-on 500 chauffeurs de bus Place de l'Etoile, 500 cheminots sur les voies de la gare de Lyon ou 500 employés d'AdP bloquant les pistes sans irruption des CRS en moins d'un quart d'heure ?

Cela traduit au moins une faille (voulue ? et si oui par qui ?) de taille conséquente dans le dispositif du ministère de l'intérieur.

La question sera-t-elle posée ?

 

Deuxième réflexion : 

Depuis au moins dix ans, de Sarkozy en Valls d'Hortefeux ou Guéant en Cazeneuve c'est la chute libre des effectifs, des réorganisations pour économiser sur les effectifs, des restructuration territoriales qui sortent le service public de la police de ses missions pour le consacrer a un service technique de la répression.

Tout les indicateurs des organisations et institut expertisant les missions de la police dont celle dirigée par un ancien secrétaire général du RPR  qui fut Garde des Sceaux ont montré cette réorientation qui crée des déserts urbains que les organisations mafieuses criminelles mettent à profit pour occuper les espaces ainsi abandonnés.

On n'a pas connaissance d'action de masse de ces policiers pour exiger une rupture avec ces pratiques, pire, les observatoires notent une tendance lourde à l'accompagnement par la sélectivité volontaire et réfléchie, sur des critères sociaux et raciaux, de pratiques discriminatoires qui entretiennent le rejet de la police (jusqu'à l'alerte enlèvement de cette nuit lançant la recherche d'un homme "de race" noire sans aucun filtre intérieur à la police pour laisser passer cette ignominie.   

Oui il y a des problèmes grave dans l'organisation de la police en France. Les premiers responsable soit refusent depuis 10 ans de les voir, soit s'en servent pour réorienter les missions au nom de la lutte contre la criminalité en lui laissant l'espace permettant de justifier ces réorientations, chaque mesure prise au nom des solutions attendues ne faisant que les aggraver.

Les manifestations spontanées combattent-elles ces politiques ? A coup sûr non ! 

La considération de la police passe d'abord par les moyens pour qu'elle puisse reconquérir l'espace public à partir des valeurs républicaines, la première étant une non autonomie de la police par rapport à la justice et sa soumission à cette dernière. C'est le fondement de l'Etat de droit.

Cela exige aussi une formation civique de la population en général, peut-être et même sûrement,  mais aussi celle des hommes et des femmes qui sont dépositaires de l'application de loi.

Le préalable des critères racistes, la stigmatisation de collectifs sociaux , culturels, géographiques ou religieux jusque dans les écoles de police,  le culte de la répression par la violence n'est pas une valeur républicaine, cela doit à tout niveau de responsabilité  être combattu et sanctionné.

Les  spontanéistes du gyrophare n'ont pas donné l'impression de fortement exprimer cette exigence

 

Troisième observations : Pour qui cela roule-t-il ? 

Ce n'est un secret pour personnes, tous les sondages confirment ce que les bureaux de votes attachés aux casernements de CRS et Gendarmes mobiles  l'avaient montré, le vote pour l'extrême droite est majoritaire dans nombre d'espaces professionnels policiers, les enquêtes de journalistes dans les commissariats comme les témoignages de militants interpellés lors des manifestations le confirme. 

Que des fonctionnaires de la République puissent toute quiétude renouer avec les idées et pratiques portées par le préfet Chiappe en 1934 dans la police parisienne doit alerter les démocrates et en premier lieu les policiers républicains. 

Il s'agit d'une part de combattre la diffusion d'idées factieuses portant au totalitarisme (et les pratiques tolérées voire encouragées par certains préfets dans la répression des manifestations sociales et la tolérance pour d'autres le confirment). 

Au moment où nous rendons hommage aux victimes de la répression des algériens en octobre 1961, souvenons nous que face aux agissements factieux des brigades spéciales de la police, les même qui recommenceront le 8 février suivant à Charonne, ce sont des policiers républicains qui les premiers ont fait savoir au monde et ont dénoncé les protections dont ont bénéficié pour les couvrir les auteurs des agissements criminels commis au nom de la République.

La police n'est pas en dehors de la société, elle est souvent un amplificateur et le révélateur des dérives antidémocratiques, latentes ou en oeuvre au sein de la Nation.

Rédigé par Canaille Lerouge

Repost 0
Commenter cet article