1943, R.G. à Paris, Hergé à Bruxelles

Publié le 3 Octobre 2016

un même fond de commerce

"On célèbre actuellement en grande pompe le centenaire de la naissance d'Hergé. Il est assez peu question de sa collaboration avec les fascistes et collaborateurs pro-nazis de Belgique, ainsi que de ses dessins antisémites."

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"canempechepasnicolas" :

Au nom de la lutte contre l'antisémitisme, des censeurs intransigeants traquent sans pitié toute parole ou tout écrit qui ose mettre en cause la politique d'Israël ou considère comme théorie raciste le sionisme.

Mais, on ne les entend plus lorsque certains anciens "collabos" sont encensés, portés aux nues et consacrés aujourd'hui comme des génies de la culture.

Ce fut le cas de Céline entré dans la collection de la Pléiade avec ses œuvres y compris celles parues avec la bénédiction de l'Occupant, telles "Bagatelles pour un massacre" ou "Dans de beaux draps" d'une virulence antisémite inégalés.

C'est le cas aujourd'hui du père de Tintin, le bien connu Hergé, célébré avec faste, dont une exposition de quatre mois au Grand Palais pour le centième anniversaire de sa naissance.

Peut-être son album "Tintin chez les soviets" explique-t-il cette mansuétude ?

franceinfo ne dit pas tout sur Hergé...

L’enfance de Georges Remi, dit Hergé, n’a pas été toute rose. Alors, pour fuir la grisaille, le futur créateur de Tintin crayonne des histoires sur ses cahiers d'écolier. Un peu plus tard, il s’évade enfin avec le scoutisme… C’est dans ces camps de jeunesse que naît l’ancêtre du petit reporter : Totor, chef de patrouille, qu’il dessine pour une revue scoute…

Les scouts lui trouvent plus tard une place au service des abonnements du journal catholique et nationaliste XXe Siècle. Son directeur, l’abbé Wallez, va changer le cours de la vie du jeune homme qui vient d’arrêter ses études après le lycée. Il "a eu une grosse influence sur moi. Maintenant, je m’en aperçois. C’est lui qui m’a fait prendre conscience de moi-même", reconnaît Hergé dans une archive sonore.

L’influence de l’abbé Wallez, admirateur de Mussolini…

L’homme d’Eglise et de presse a pris Georges Remi sous sa coupe. Celui qui le marie même à sa secrétaire a repéré les talents de dessinateur de son employé. "Il y a chez l’abbé Wallez une dimension très réactionnaire. Admirateur de Mussolini, il flirte avec des idées d’extrême droite. Il y a aussi une dimension très moderne : il croit à l’image. Avec un supplément pour enfants et une histoire dynamique en images, il se dit qu’on pourra faire passer des messages", explique le biographe Benoît Peeters.

"Au début, il y a certainement chez Wallez l’idée d’instrumentaliser Hergé en lui disant 'Tu vas envoyer Tintin pourfendre les communistes'… Et effectivement, les lecteurs le lisent. Donc, l’idée de Wallez est bonne", précise-t-il. Quant à Hergé, il dira plus tard avec un grand sourire en évoquant cette période : "J'ai mangé du bolchevique chaque semaine grâce à Tintin."

Voici donc un complément d'information de

Le centenaire d'Hergé,

antisémite et collaborateur des nazis

On célèbre actuellement en grande pompe le centenaire de la naissance d'Hergé. Il est assez peu question de sa collaboration avec les fascistes et collaborateurs pro-nazis de Belgique, ainsi que de ses dessins antisémites.

C'est d'ailleurs un phénomène général concernant les écrivains antisémites : un voile pudique enveloppe le plus souvent leurs turpitudes racistes. Parmi tant d'autres mentionnons Simenon, compatriote d'Hergé, qui a poursuivi ses tirades antisémites au lendemain de la deuxième guerre. C'est le cas aussi de Céline, qui a passé la même guerre à encourager publiquement l'extermination des juifs et à dénoncer individuellement certains d'entre eux. Il faut aussi mentionner Paul Morand, pétainiste bon teint, Giraudoux commissaire à la propagande de Pétain et dont la pièce la Folle de Chaillot, écrite en pleine guerre, disserte sur les effets néfastes de l'occupation de Paris par une race étrangère de spéculateurs et se termine par le gazage de ceux-ci.

Georges Remi, dit "Hergé", l'auteur de Tintin, fut le compagnon de route de plusieurs dirigeants de l’extrême droite belge.
Issu des rangs de la droite catholique, tendance maurrassienne, Hergé fut l’ami de Léon Degrelle, dirigeant du fascisme en Belgique et nazi convaincu. Après 1940, sa carrière professionnelle se poursuivra au sein du journal Le Soir, volé par la propagande nazie et dirigé par un quarteron de collabos.

Il provient de la droite catholique marquée par les années 30 et la situation politique de cette décennie. Le dessinateur rencontre au collège bruxellois Saint-Boniface ceux qui incarneront l’extrême droite religieuse et culturelle: l’abbé Wallez, le véritable père spirituel d’Hergé, Paul Jamin, qui, sous le pseudonyme de "Jam", dessinera les caricatures antipolitiques et antisémites dans "Le Pays réel" organe du parti fasciste Rex, ainsi que Léon Degrelle lui-même, le "Chef" de cette formation.

Hergé a illustré la brochure de ce dernier, "Histoire de la guerre scolaire", en 1932. Juste avant la guerre, Hergé a prété son concours à un journal financé par l'ambassade d'Allemagne à Bruxelles: "L'Ouest" . Il y publiera une série "neutraliste" intitulée les "Aventures de Mr Bellum" et y caricaturera violemment la position de la France en décembre 1939.

Quand les nazis s’installent en Belgique, le jeune dessinateur en profite largement.
Le journal " Le Soir ", dit "Le Soir volé" était alors dirigé par Raymond De Becker qui, issu des rangs démocrates-chrétiens, devint un adepte du national-socialisme. Contrôlé et toléré par les nazis, ce quotidien avait une diffusion maximale. A un moment donné, il tire à 300.000 exemplaires.

Tintin contribua au succès du quotidien. Les années 1940-1944 furent les meilleures pour Hergé. Il n’a jamais autant dessiné. Les aventures de Tintin paraissent d'abord dans un supplément, "Le Soir Jeunesse".

Rédigé par Canaille Lerouge

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