17 octobre

Publié le 16 Octobre 2016

1961

Quand le gouvernement français dit à Papon 

"vous avez carte blanche"

17 octobre 17 octobre

Il y a 65 ans la police commandé par le pétainiste Papon organisait un pogrom en plein Paris.

Une manifestation  calme et populaire des algériens d'Ile de France à l'initiative du FLN pour protester contre un couvre feu établi sur des bases raciste de chasse au faciès était noyée dans le sang.

Les témoins confirmeront avoir vu la seine charrier des cadavres. Certains seront retrouvés à l'écluse du Suresnes.

Le parc des expositions de la porte de Versailles servira de principal mais non exclusif centre de rassemblement et de torture .

Oui on a torturé à Paris comme entre 40 et 44. La police française a renoué avec les moeurs des brigades spéciales de RG 20 ans plus tôt.

Le bilan est toujours objet d'affrontement. Les historiens s'accordent sur plus de 120 morts le nombre de disparus (non répertoriés par l'institut médico légal de Paris) est toujours objets d'affrontement.

Le chiffre de 200 morts est le plus vraisemblable.

Au delà des assassinats en eux mêmes insupportables les éléments factuels siur l'organisation méthodique de la répression qualifie le crime d'Etat :

Une logistique de la brutalité fascistes soigneusement planifiée : pas d'improvisation : la flotte de cars et bus, les lieux de concentrations balisés et organisés.

Si les travaux de J-L. Einaudie sont parce que plus étayés et fouillés plus à charge avec des éléments indiscutables, un Historien (j-P.Brunet) qui n'est pas de ceux qui cherche enfoncer la police donne les éléments suivants : 

"De 17 h à minuit et demi, une noria de cars de police et d'autobus réquisitionnés débarquent entre 6 000 et 7 000 Algériens au Palais des sports de la porte de Versailles. Avec une moyenne de 40 personnes par véhicule, les détenus subissent un véritable entassement au cours de ces transports. Le Palais des sports étant saturé à partir de minuit et demi, les 32 derniers cars contenant 2 623 « FMA » (« Français musulmans d'Algérie », selon la dénomination de l'époque) sont dirigés vers le stade Pierre-de-Coubertin.

Des centaines de manifestants blessés ont été dirigés sur des hôpitaux. Dans cinq hôpitaux seulement, on compte 260 blessés hospitalisés. Jean-Paul Brunet note que sur ces 260 blessés, 88 sont entrés entre le 19 et le 21, ce qui témoignerait de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre 

Parmi les policiers, une dizaine a été conduite à la Maison de santé des gardiens de la paix pour des blessures légères.

Certains des blessés hospitalisés viennent du Palais des sports où les 150 policiers qui assurent la garde des détenus se livrent à des brutalités dont le syndicaliste policier Gérard Monate dira dans les semaines suivantes «…d'après ce que nous savons, il y a eu une trentaine de cas absolument indéfendables »

Tous les internés ne sont pas systématiquement frappés au Palais des sports, mais des sévices sont également exercés avant l'arrivée, dans les commissariats ou pendant les transports au Palais des sports, au stade Coubertin, au Parc des expositions,

Certains au Centre d'identification de Vincennes pour être ensuite expulsés vers l'Algérie. Jean-Luc Einaudi a recueilli nombre de témoignages d'appelés du contingent affectés au service sanitaire, d'assistantes sociales et même de certains policiers décrivant la « vision d'horreur » qui les a saisis à l'entrée du Palais des sports ou du stade Pierre-de-Coubertin.

Les sévices sur les détenus se poursuivent jusqu'au 20 octobre "

Note de Canaille le Rouge : si l'histoire ne se répète jamais à l'identique et si elle tient compte des rapport de forces et de l'évolution des moyens de transmission de l'information, il n'est pas sans intérêt de noter combien un pays dit démocratique n'est jamais à l'abri des violences policières dès lors qu’elles sont tolérées voire admises ou encouragées par le pouvoir politique.

65 ans plus tard, avec une part de la police gangrènée par le racisme et les idées du f-haine* comme celle de 61 l'était par le racisme et l'OAS l'actualité montre que nous ne sommes jamais à l'abri.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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