Présidentielle, avec qui s'inscrire pour que ça change ?

Publié le 15 Septembre 2016

Pour Canaille le Rouge, 

pas d'hésitation!

Présidentielle, avec qui s'inscrire pour que ça change ?

La réponse est limpide  : avec la colère populaire et ce mouvement qui cherche à se construire.

Cela fuse de partout. Interpellation parfois par curiosité, parfois pour avoir une opinion ou même de façon plus comminatoire sommant de prendre position. Eh!, La canaille, pour la présidentielle, finalement, qui vas-tu soutenir ?

Le plus curieux, c'est que ces interpellations (souvent à cause d'un cheminement commun pour dénoncer les institutions de la Ve République) proviennent d'amis, camarades, liens militants qui il y a encore six mois savaient garder la distance pour ne pas céder à la pression ambiante et argumentaient efficacement contre le piège tendu par l'échance 2017.

L'environnement médiatique porté par l'idéologie dominante, y compris entretenu par les dominés s'inscrivant sans frein dans son cadre, aurait-il tant de force qu'on ne puisse y résister et ne pas poursuivre ce travail certes ingrat mais indispensable si la volonté de peser politiquement reste la boussole de quiconque se fixe l'objectif de construire une réelle alternative au capitalisme ?

Désolé pour mes amis et camarades, mais Canaille le Rouge ne posera pas son drapeau rouge et son exigence communiste au fond d'un placard pour aller tracter vers les isoloirs pour un candidat à cette élection, et cela, pour quelques raisons qu'il convient ici de rappeler tant elles sont décisives.

Avant même de parler du contenu des propositions et alliances pour les faire aboutir, une première question : à qui s'adresse-t-on ?

Parce que pour qui se dit anticapitaliste ou (et) communiste, la question est bien là. c'est bien d'intervention populaire pour changer le cours des choses qu'il s'agit, non ?

L'image de la politique, l'accumulation des déceptions et trahisons de l'immense majorité de son personnel ne le sortira pas en quelques semaines de ce statut de hors-sols où ils se sont complus depuis des années.

Comment va-t-il se faire, et par quel miracle, que d'un seul coup, ceux qui ne votaient plus, ceux qui ont décidé de ne plus alimenter les trahisons de lendemain de scrutins, les jeunes pour qui la société - c'est l'avis de 80% d'entre eux- leur tourne le dos, décideraient de (re)prendre le chemin des bureau de votes …et pour exprimer leur volonté de stopper l'existant soutiendraient une transformation sociale en votant pour des programmes qui ne la portent pas ?

Voter pour un ventre mou annonçant alignement, qui au nom du moins pire va mener à reconduire ceux qui représentent pour 70% de la population une image concrète et vécue du pire de leur existence, est-ce avec cela que les conditions de la transformation se construisent ?

Faire campagne pour un tribun qui dit tout et son contraire une sorte de général Boulanger drapé dans l'écharpe de Bruant ayant au passage séquestré le chapeau de Jean Moulin, cela va-t-il répondre par la grâce de sa silhouette médiatisée aux exigences en matière de salaires, se sécu, de retraite ,de fin de la ségrégation spatiale, sociale raciale qui pour l'adapter aux canons voulus par le capital devient la norme de la France de 2017 ?

C'est donc bien que ce n'est pas à partir de là qu'il faut reconstruire et que c'est perdre temps et énergie de s'inscrire dans le schéma balisé du club des guépards roses, bleu-blanc ou bruns, tous ligués pour maintenir l'ordre économique et social établi y compris par la violence et la repression, pour toujours plus et mieux servir la rente et l'exploitation qui l'alimente.

L'interpellation à prendre parti et s'aligner derrière un des candidats en lice (ou d'en faire émerger un) conduit à ne considérer la colère populaire que comme un point d'appui parmi d'autres pour ceux qui nous sollicitent.

C'est marcher sur la tête. C'est considérer les acteurs des luttes, les réprimés par le patronat et les tribunaux, les gazés et matraqués comme des forces d'appoint qui, pour les chefs de file des solliciteurs de nos voix, n'auraient de salut que dans le soutien à leur camps, que ce soutient ne peut être autrement que se ranger derrière eux.

D'abord, le soutien ça se mérite. Et pour cela, il faudrait déjà que ceux qui le sollicitent disent clairement quelles ont été leurs erreurs antérieures et non seulement s'engagent publiquement à ne plus les réitérer mais laissent les bernés construire les outils interdisant que cela se reproduise …Et jusqu'à présent, sur les participations gouvernementales, les votes dans toute nature de mandats et responsabilités, ils s'y refusent.

Ensuite, il faut que les propositions soit suffisamment fermes et crédibles pour être portées et pour cela les catalogues établis par une stratégie de cueillettes dans des cahiers revendicatifs ne peut se substituer à une construction débattue et formulée par les intéressés eux-même.

C'est là que se trouve l'issue politique, pas dans la récupération des mécontentements, mais dans la participation avec ceux qui affrontent le capital, son pouvoir d'état et ceux qui usent de celui-ci.

C'est la seule possibilité de construire une réelle alternative.

Les institutions taillées sur mesure pour répondre aux exigences capitalistes sont un carcan à faire sauter. Imaginer qu'investir la place pour la faire la sauter serait la seule solution est une ineptie; d'autant que parmi ceux qui investiraient la dite place, l'histoire démontre la capacité de corruption du système pour intégrer ceux qui viennent s'y installer sans une ferme présence populaire pour les empêcher de déraper. Toute l'histoire du Parti socialiste - et pas que lui- témoigne de cela.

Voilà pourquoi Canaille le Rouge persiste à dire que l'échéance de l'élection présidentielle est un leurre agité par le Capital et que de s'y engager pour derrière Don Quichotte voire son Sancho ministrable, refaire un cheval de Troie, ou tout autre image s'y rapportant participe à la continuité du système.

Il y a plus d'espoir dans le soutien massif à apporter aux victimes de la répression patronale et à participer au combat contre les lois portées en son nom par le pouvoir que dans la mobilisation dans un désert d'abstentions populaires pour gagner 2% de votant avant d'entendre ceux qui ont sollicité ces suffrages appeler à voter pour les matraqueurs et tueurs de libertés en place au nom du combat contre ceux qui avec plus de violences continueront le travail.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #politique, #alternative, #élections, #lutte de classe

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jean-marie Défossé 16/09/2016 05:49

Personnellement , je ne veux pas être complice de cette curée contre les valeurs réelles de notre République et je n'irai donc pas voté pour un quelconque Père-Noel !
De toutes les façons et avec la retraite de misère (403€/mensuel) que m'offre mon pays , l'absence de reconnaissance , due pourtant à CHAQUE citoyen , est tellement flagrante et inexistante que la seule alternative qu'il me soit permis en réponse à ce détournement de mes droits légitimes , c'est celle de ne pas dépenser un centime ni une goutte de sueur pour me rendre à un bureau de vote .
Si certains et malheureusement une majorité , se complaisent à vouloir faire leur devoir en se rendant aux bureaux de vote , qu'ils sachent qu'en l'état actuel de dislocation et de déliquescence de notre société , leur TOUT PREMIER DEVOIR serait de se réveiller et de redescendre progressivement de leur petit nuage avant de risquer le faux pas et la chute inévitablement douloureuse !