Histoire d'entretenir la mémoire, à Belfort, il y a le scandale d'Alstom, mais il n'y a pas qu'Alsthom

Publié le 22 Septembre 2016

 

Dans la période,

ils se sentent pousser des ailes !

 

 

 

Histoire d'entretenir la mémoire, à Belfort, il y a le scandale d'Alstom, mais il n'y a pas qu'Alsthom

Repris sur médiapart,

Depuis hier, mardi 20 septembre, le tribunal administratif de Besançon examine la plainte déposée par Jean Borgo, arrêté par la milice de Limoges puis déporté, et Michel Blum, dont seize membres de sa famille ont été exterminés dans les camps nazis, lesquels Borgo et Blum demandent que le projet du conseil municipal de Belfort de donner un nom de rue à André Tisserand soit définitivement abandonné. Ce dernier, né à Limoges en 1919 et mort à Belfort en 1997, fut un des membres les plus actifs et les plus zélés de la milice de sa ville natale, chef-lieu de la Haute-Vienne, à seulement 22 kilomètres du petit village d’Oradour-sur-Glane où la population locale (hommes, femmes, enfants et vieillards) fut massacrée par une division SS le 10 juin 1944. André Tisserand a été aux côtés des nazis jusqu‘au bout de la guerre, il fut le fondateur des Corps Francs, mouvement paramilitaire qui a aidé la Gestapo dans toutes ses exactions. La population belfortaine a, de toute façon, la mémoire très courte car ce même André Tisserand fut élu député UDR en 1968, pour un unique mandat, dans l’impossible assemblée gaulliste d’après mai et juin 1968, où même un manche-à-balai avec l’étiquette UDR aurait été élu.

En 1946 une fort aimable et complaisante décision de la cour civique de Pau avait levé la peine d’indignité nationale de Tisserand en acceptant l’allégation mensongère de ce dernier, selon laquelle il aurait sauvé la vie de trois juifs avant d’entrer en résistance, alors qu’il a aidé à la déportation de centaines d’entre eux. Or, à Limoges en particulier, il n’existe aucun cas de milicien actif qui serait devenu résistant. De plus il est avéré que Tisserand a spolié au moins une famille juive dont il a réquisitionné l’appartement pour en faire les bureaux de la milice.

Ce Tisserrand qui a su déployer bénéficier des réseaux fonctionnant à l'ombre de Papon au point d'avoir l'investiture du parti de Pompidou en 68 semble avoir conservé des adorateurs en Franche Comté.

Aujourd'hui encore, l'est républicain met en doute, avec distance compte tenu des pièces mise sur la table, le passé milicien du résistant du 9 mai 45.:

Le petit fils, élu de droite sur la liste du maire actuel, menace : 

« Je voudrais que l’on cesse de déshonorer la mémoire de mon grand-père », s’indigne Brice Michel, petit-fils d’André Tisserand, avocat comme son grand-père et élu au conseil municipal dans l’équipe du maire Damien Meslot. Comme son grand-père, 48 ans plus tôt, il « attaquera en diffamation » ceux qui porteront atteinte à la mémoire et à la considération de son aïeul.

 

Mais, problème, des pièces officielles confirmant sa participation à la milice et l'activité du Tisserand en question sont produites. Même si elles ne répondent pas à la question du pourquoi il aurait été relevé de la peine d'indignité nationale, elle disent clairement pourquoi il en été frappé : 

Il s’agit de l’arrêt du 2 avril 1946 rendu par la chambre civique du département des Basses-Pyrénnées, qui « relève Tisserand André du crime d’indignité nationale », après son audition par le président de la juridiction. 

À la question : « L’accusé est-il coupable d’avoir, postérieurement au 16 juin 1940, participé à un organisme de collaboration, notamment à la milice et au service d’ordre légionnaire », la réponse de la chambre était « Oui à la majorité ».

À la question subsidiaire : « L’accusé s’est-il réhabilité en se distinguant par des actions de guerre contre l’Allemagne ou par une participation active à la Résistance ? », la réponse était également « Oui à la majorité ». 

Tisserand sera donc relevé de l'indignité nationale qui le frappait. La famille argant de plus d'une homonymie, la date de naissance de cet André Tisserand, alors âgé de 25 ans, figurant sur la citation, est le 3 octobre 1919. La même que le député belfortain.

Point emblématique de l'Histoire, c'est à la préfecture de Belfort que Pétain tient le 6 septembre 44 son dernier conseil des ministre sous la protection de la milice

Pétain et sa suite le lendemain à 5h, en un petit convoi se dirigent vers Sigmaringen, à 120 km de la France. Le 8 septembre, les autres "officiels français" quittèrent le pays, pour la même destination. Est-il possible qu'un maire d'une grande ville n'ait pas connaissance de cette partie particulièrement lourde de l'histoire de sa ville et des ppersonnage qui y sont liés ? 

l'argumentation de l'avocat de la ville est pour le moins singulier :

Il évoque de son côté une "polémique malsaine"affirmant que " le procès fait à la mémoire d’André Tisserand depuis plusieurs semaines est uniquement à charge, sans qu’il soit défendu".

Pourtant, en plus, la milice sur le territoire de belfort, on connait. Sur la toile, on trouve cela : 

Ce dernier point est à rattacher à la présence à Giromagny de la «8e Compagnie Brandebourg», occupée à traquer les Résistants sédentaires du pays sous-vosgien, après avoir sévit pendant plusieurs années dans le sud-ouest puis le sud-est. Parmi les 20 à 30 français de cette unité très spéciale, habilitée à agir en civil ou en uniforme de la Wehrmacht, selon les circonstances, plusieurs venaient quotidiennement à Belfort pour rencontrer des agents de renseignement, pour le ravitaillement ou simplement pour profiter des agréments de la ville. Leur français sans accent, ou avec l’accent méridional, lorsqu’ils étaient vêtus de l’uniforme gris-vert, étonna plus d’un belfortain. Ces hommes habitués à l’extrême violence, beaucoup plus que le milicien moyen, et depuis plus longtemps, par ailleurs munis de protections hiérarchiques directes, ont pu commettre ces quelques meurtres belfortains, en plus d’exécutions de Résistants sédentaires, comme celle du maire d’Auxelles-Haut, très probablement.

Cette 8e compagnie est restée basée là jusqu’en novembre. Outre la chasse aux Résistants, ils allaient à des dizaines de kilomètres vers la ligne de front, dans le Doubs et en Haute-Saône, piéger les positions quittées par l’armée allemande « ordinaire », et même traverser la ligne pour des sabotages. Ils feront de même pendant l’hiver, lorsqu’ils seront basés en Allemagne voisine, traversant le Rhin de nuit en canot pneumatique pour capturer des militaires américains ou français afin d’obtenir des renseignements et des uniformes, et pour faire sauter des dépôts de carburant, des postes électriques, etc. Ces Français encadrés par des Allemands et bénéficiant de moyens financiers, techniques et administratifs presque sans limites, ont «fait tomber» un grand nombre de réseaux de soutien et de maquis, sans même s’y infiltrer vraiment, plutôt au baratin, assorti de précisions que seul quelqu’un de très bien informé peut détenir, de faux papiers ou d’un brassard de Résistant caché dans la poche que l’on montre un instant à l’interlocuteur en jetant des regards inquiets alentour. Ils iront jusqu’à une mise en scène d’une audace incroyable, à Oraison (Haute Provence). Déguisés en Résistants, ils investissent un beau matin le village, postent des gardes aux accès, « braquent » gentiment le bureau de tabac pour faire plus vrai, et commandent une vingtaine de repas au restaurant. Mis en confiance, les Résistants sédentaires d’Oraison viennent rencontrer ces jeunes Résistants inconnus mais impressionnants. Les vrais Résistants seront tous exécutés peu après."

Le maire de Belfort , Damien Meslot, fut secrétaire départemental du RPR (il y a adhéré à 14 ans), avant de devenir celui de la fédération UMP du Territoire de Belfort.

Il soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

Le profil de l'homme le met en situation par rapport au débat sur la dénomination d'une rue : l'homme veut bien accueillir des réfugiés mais sous conditions. il dit « étudier la possibilité d’accueillir des familles de chrétiens syriens et d’Irak, parce que ce sont les plus persécutés »

un des premiers à décider d'armer "sa" police municipale. le monsieur semble d'un républicanisme à géométrie pour le moins variable : "SAS Le prince Albert de Monaco, qui est aussi Comte de Belfort en titre, vient pour la première fois à Belfort ce lundi. Je suis heureux et fier pour Belfort de recevoir le prince de Monaco, des liens historiques liant sa famille à notre ville". (page face book du 5 juin 2016

Maréchal le voila :

Nous noterons qu'il est celui qui déposera un projet de loi portant déchéance de la nationalité pour les délinquants http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion2742.asp.

PROPOSITION DE LOI

visant à introduire dans le code pénal la peine complémentaire 
de déchéance de la nationalité française,

 

Rédigé par Canaille Lerouge

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jean-marie Défossé 22/09/2016 14:10

Si au moins cet André Tisserand n'avait été que le seul collaborateur ou membre des Corps Francs de cette triste période !
Mon père avait coutume de les dénommer : les "résistants" de la dernière heure .
Il ne les avait pas particulièrement à la bonne et reconnaissait bien volontiers que "l'épuration" d'après guerre n'avait pas toujours ciblé les plus grands coupables de l'ignominie de cette époque .
Un cancer politique et sociétal français qui a laissé de nombreuses adhérences par la suite ... et encore aujourd'hui , car jamais réellement extirpé avec ses racines par une véritable justice digne de ce nom .