Point de vue, après la disparition de Georges Seguy.

Publié le 15 Août 2016

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Point de vue, après la disparition de Georges Seguy.

Justice de classe

Il y a un peu plus d’un an, Georges Séguy, décédé dimanche, déclarait à propos des poursuites contre les responsables syndicaux : « La justice de classe s’abat toujours sur les militants et sur les plus faibles ». Le secrétaire général de la CGT, figure emblématique du mouvement ouvrier, animateur des causes émancipatrices et pour la paix savait de quoi il parlait. L’action clandestine, la déportation, la lutte dans son entreprise cheminote, mai 1968 et les considérables avancées sociales, le mépris patronal puis le respect de tous. Séguy a donné.

La justice de classe existe plus que jamais. Il suffit de s’en tenir aux faits, rien qu’aux faits pour ces deux derniers mois.

A Rouen, un SDF est condamné à trois mois ferme pour un vol de yaourt. Son passé de petit délinquant ne peut expliquer une telle sentence.

A Tourcoing, une caissière d’un super marché Auchan est licenciée pour avoir commis une erreur de 85 centimes sur une boîte de concentré de tomate.

A Paris, la ministre du Travail dont il est inutile de citer le nom, son rôle se limitant à exécuter les basses œuvres de Manuel Valls, valide le licenciement d’un délégué CGT d’Air France alors que l’inspection du travail avait prôné l’inverse.

Au Havre, la chasse aux militants CGT est ouverte, des décisions de justice étant attendues à la rentrée.

A Mulhouse, un délégué CGT qui avait lancé à Valls « je t’emmerde » est condamné à une forte amende.

Un peu partout en France, des militants CGT-EDF font l’objet de menaces.

Je m’arrête là, la liste serait trop longue. Mais je ne peux m’empêcher de penser aux militants CGT de Goodyear condamnés à 9 mois de prison ferme. Et personne ne peut oublier que le chef du Medef, l’ineffable Gattaz a qualifié la CGT de « terroriste » tandis que le très servile France-Olivier Gisbert a comparé la centrale syndicale à l’organisation des fascistes-intégristes Daech.

Pendant ce temps-là, tout va bien pour les nantis.

Sarkozy, l’homme aux dizaines de gamelles, aux sales affaires sonantes et trébuchantes se prépare à l’élection présidentielle.

Balkany, le pilleur de Levallois, peut en toute liberté s’ébrouer dans ses palaces du côté de Marrakech, des Antilles et de l’Eure, protégé derrière ses sociétés écrans.

Cahuzac, l’ancien ministre socialiste du budget, embourbé dans ses comptes cachés en Suisse, et ailleurs paraît-il, peut tranquillement vivre sa vie et, dit-on, préparer son retour en politique.

Dassault, distributeur de billets à des fins électorales ne sera pas condamné pour corruption et achat de votes. Il poursuivra ses activités de sénateur, de marchand d’armes et à la direction de l’UMP.

Tapie, l’homme de « Vive la crise » à la fin des années 1980, le chouchou de Mitterrand qui l’avait fait ministre, l’affairiste pas très net, le copain de Sarko et de Lagarde pour récupérer plusieurs centaines de millions d’euros sur le dos des contribuables, l’ancien tolard peut vaquer à ses occupations en toute liberté.

Les dirigeants et actionnaires de Sanofi englués dans des scandales s’augmentent scandaleusement et licencient à la pelle.

Les responsables de la Société générale avaient promis la main sur le cœur qu’ils ne cacheraient plus leur fric dans les paradis fiscaux. Ils viennent de se faire prendre la main dans le sac.

Allez, j’arrête. Permettez-moi simplement de rependre un extrait connu de la fable de Jean de La Fontaine :

« Selon que vous serez puissant ou misérable

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Rédigé par Canaille Lerouge

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