il y a 84 ans dans le journal de Cachin et Camélinat, l'Humanité, fevrier 1932.

Publié le 21 Août 2016

Et déjà tellement d'une incroyable l'actualité

il y a 84 ans dans le journal de Cachin et Camélinat, l'Humanité, fevrier 1932.

C'est le moment où encore dans la période "classe contre classe" la SFIC-PCF s'extirpe de la période sectaire Barbé Celor. Une tactique qui avait conduit à un remaniement de la direction par la promotion au Bureau politique de militants (dont Thorez) et à l'éviction de son poste de secrétaire général de P. Semard. Cela entraîne le Parti dans une politique sectaire d'exclusion et une chute des effectifs.

C'est l'apparition ouverte de l'affrontement contre le trotskysme dans le PCF et le rejet de la tactique "classe contre classe" qui verra l'élimination de la tendance Barbé Celor et la retentissante campagne dans l'Humanité en 1931: "que les bouches s'ouvrent, pas de mannequins dans le parti". C'est le moment où Maurice Thorez prend une part principale dans le PCF et conduira vers l'adoption de la stratégie de front populaire (sans majuscule à ce moment) avec le soutien de Dimitrov au sein de la direction de la 3e internationale.

L'extrait qui suit est répertorié à la BNF dans la série Gallica et traite de l'état d'esprit rapporté par ce qu'on pourrait appeler un "instructeur d'org".

Il ne s'agit pas pour Canaille le Rouge de s'inscrire dans une hagiographie nostalgique, mais juste de montrer une continuité d'un côté : l'International socialiste et de l'autre, aujourd'hui, le vide idéologique pour la combattre.

Source de l'article : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k404193f/texteBrut

Celui qui écrit rapporte les discussions au sein du mouvement ouvrier au travers de ses tournées dans les bases populaires où le PCF tente de se reconstruire en 1932.

Canaille le Rouge en a extrait ce morceau d'anthologie rendant compte (avec la distance à prendre avec la "dynamique" du rédacteur), d'une si forte l'actualité :

" Ils sont complètement d'accord avec le camarade Thorez et la direction du P.C. pour combattre l'opportunisme de droite et de gauche.. .Comment est-ce possible que des camarades osent encore proposer que le Parti fasse abandon de la lutte devant certains candidats socialistes ou autres ? Les exemples passés et présents, les actes des chefs socialistes, en Allemagne, en Belgique, en Angleterre  et en ce moment en Espagne et sans oublier la France, montrent qu'ils ne sont que les chiens de garde du capitalisme international. 

Comment est-ce possible que le P.C. vienne demain, devant les électeurs ouvriers et paysans demander le vote pour ceux qu'il clouait au pilori hier ?̃Comment expliquer notre recul à ceux devant qui nous avons dénoncé les chefs socialistes, comme, renégats à la classe ouvrière en acceptant les diminutions de salaires déjà trop restreints dans lé textile et chez les-mineurs ?̃ Comment leur expliquer, aux ouvriers et paysans, de voter pour ces politiciens, c'est-à-dire les chefs socialistes, alors que se comptent les plus grands adversaires de l’Union Soviétique en leurs représentants Boncour-Rosenfeld ? Ce serait la rupture entre le PC., les ouvriers et les paysans.,̃

Nous, sympathisants, avons, confiance dans la lutte que mène le PC Aux ouvriers socialistes, nous tendons la main, aux chefs socialistes, la trique." 

On ne conduit pas le regard dans le rétroviseur mais qui ne connait pas son histoire est condamné à la revivre.

Notons la référence aux chiens de garde.

Paul Nizan publera son essai portant ce titre (à lire ou à relire) la même année.

Soit l'instructeur de la SFIC est proche de Nizan candidat du PCF à Bourg en Bresse en 1932, soit c'est Nizan lui même (tant la formule est nouvelle), soit la  circulation des publications et la soif gourmande intellectuelle des militants de cette époque fait que le terme est d'entrée adopté.

A-t-il vieilli ?

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #histoire, #PCF, #social démocratie, #sectarisme, #chien de garde

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SImone 22/08/2016 14:39

Histoire sociale : la gauche m'a tué ! (et c'est fort dommage)
Parce que presque constitutionnellement, la gauche se veut "de progrès", elle ne tient pas la distance dans ses combats. L'histoire du mouvement ouvrier le montre cruellement. Pierre Leroux démontre avec une pertinence indémodable la nécessité d'une lutte de classe quasi-permanente mais qui se réfère à lui aujourd'hui ? Au PS, on préfère maintenant De Gaulle ou Clémenceau (sic). Que s'est-il passé après la Commune, après l'Affaire Dreyfus, après les conquêtes sociales de la fin du XIX, après la Loi de 1905, après le Front Populaire, après les Ordonnances de 45, après les accords de Grenelle, après l'élection de Mitterrand ? La gauche a remisé son Histoire pour écouter les histoires de la droite et du capitalisme... Pour les écouter et finalement les intégrer et se renier. Sarkozy cite Jaurès et il ne se passe rien. Valls se réclame du Tigre, aucun procès. Un mouvement d'humeur pouvant préfigurer un sursaut social (pas encore une lutte) et on nous sort le burkini, l'union nationale, l'état de guerre, l'état d'urgence... Un vote non conforme (en Espagne, en Grèce voire au Royaume-Uni) et une cécité politique s'abat et signale au peuple qu'il n'existe plus. Des hommages, il y en a comme pour Raymonde Tillon. Pour mieux anesthésier et tuer encore l'histoire sociale. Parler de lutte des classes est tabou et va devenir criminel (j'en prends le pari ici). Je suis donc d'accord avec toi : réveillons notre histoire, ce sera le commencement. Prenons exemple sur la droite radicale qui pendant 20 ans a exhumé "son" passé par exemple sur Radio Courtoisie, avec brio, il faut l'avouer. Avons-nous entendu une voix contraire sur une radio contraire ? Rien. Le poison se distillait tranquillement. Zemmour n'a-t-il pas réhabilité Pétain ? Sur cette même radio ou sur les blogs de cette même droite, n'y discute-t-on pas encore, aujourd'hui, de la culpabilité de Dreyfus ? Vous ne me croyez pas... Surfez donc. Et la gauche se tait. Croit que l'histoire rime avec l'acquis. Dramatique, tragique analyse. Funeste paresse. Giscard avait mal à la France ; avec toi, j'ai mal à l'histoire.

jean-marie Défossé 22/08/2016 06:52

J'aime bien ta phrase : "On ne conduit pas le regard dans le rétroviseur mais qui ne connait pas son histoire est condamné à la revivre" .
C'est le reproche que je peux me faire concernant l'histoire française du Monde Ouvrier et heureusement tes textes me permettent de souvent combler cette lacune ; mais c'est également le reproche que je fais à d'autres intervenants sur d'autres sites qui se servent des petites victoires passées , syndicales ou plus globalement communistes comme étant des références .
Dans la réalité et spécifiquement pour la France : dans les grandes lignes qu'un syndicat , qu'un parti politique ou qu'une idéologie communiste peut inscrire dans son histoire comme étant une VICTOIRE certaine et bien ancrée , quel est le bilan réel pour le peuple français au vu de l'état actuel de décomposition et de dislocation des appareils communistes et syndicaux ?
Le bilan est plus proche de zéro et ne peut donc pas être une référence historique et encore moins un modèle pour l'avenir .
De toutes façons , le Monde a tellement évolué , plutôt mal que bien , qu'il devient IMPERATIF de le repenser sans se rapporter à un passé dans l'ensemble NEGATIF , malgré les magnifiques avancées et acquis sociaux qu'il a permis , malheureusement éphémères et qui ne sont plus qu'un souvenir lointain largement laminé par ceux qui détiennent les pouvoirs , en trichant et en et se substituant autoritairement au peuple dans des décisions qui pourtant relèvent de l'INTERET GENERAL .