Libye, à quel titre ?

Publié le 21 Juillet 2016

3 soldats

sous uniforme français

tués.

la DGSE vue par elle même et ainsi présentée par le Figaro

la DGSE vue par elle même et ainsi présentée par le Figaro

20 juillet, annonce d'abord discrète puis, devant l'onde de choc , protocolisée, de la mort sur un "théâtre d'opération" (comment salir le beau mot de théâtre)  de 3 agents de la DGSE.

Il ne s'agit pas ici de juger s'il faut combattre DAESH El Qaida et autres ; les pages de Canaille le Rouge depuis des années appellent à lutter contre cette forme théocratique du fascisme absolu. Mais il faut ne jamais perdre de vue, surtout concernant la Libye, la double responsabilité de la France dans la déstabilisation de la région, depuis l'opération de type privativatisation via les moyens de l'état menée sur ordre par les condotières d'un certains Sarkozy pour éliminer les traces de compromission financière pour sa réelection (opération barbouzarde majeure jamais dénoncée comme telle par ses successeurs après leur arrivée aux manettes) et ensuite comment contenir avec des alliances douteuses ceux là même à qui la France a lâché la bride en participant à l' assassinat de Khadafi. 

Il faut oser signaler que personne ne pose à ce jour en France la question de la légalité constitutionnelle de telles opérations.

Pour la Presse Quotidienne nationale (PQn), soutien du Figaro à l'opération, technico-justificatif du Monde pour soutenir le gouvernement, absence de traitement dans l'Huma ou Libé.

Pour la PQr, festivals, tour de France et pics de températures occupent les colonnes. Pour tous, NIce, bien sûr et normal, les Pokemon, la trumperie des élections aux USA...

Certes les 6 mois d'état d'urgence décidés à Paris et ses coups de 49.3, les trois mois à Ankara et ses purges dictatoriales donnent de quoi dire aux éditorialistes mais l'engagement des forces spéciales du Pays ne devrait-il pas conduire à un débat publique ? 

Même sans dévoiler ce qui serait de l'ordre du "secret-défense", quelle réunion de la commission de la défense des deux assemblées aurait préparé, sur quel mandat d'intervention, même confidentiel, l'engagement depuis des mois de troupes sous controle du ministre des armées? Personne qui n'en souffle mot.

Un florilège de déclarations à la fois éclaire mais aussi brouille la lisibilité pour donner un cadre présentable à ce que l'ONU considère comme une entreprise plus que douteuse, dangereuse, menée par le Gouvernement français et celui des USA.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est inquiété mardi, dans un rapport confidentiel au Conseil de sécurité, de ce que des cellules de l'EI, chassées de leur fief de Syrte, ne s'implantent ailleurs en Libye ou en Afrique du Nord. La défaite de l'EI à Syrte « semble à portée de main », ce qui pousse de nombreux combattants à fuir vers le sud tout comme vers l'ouest et la Tunisie, écrit-il. « À l'avenir, l'impact des combattants de l'EI éparpillés sur des groupes armés dans le Sud pourrait devenir une source d'inquiétude », a souligné le chef de l'ONU. Selon le rapport, 2 000 à 5 000 combattants de l'EI, originaires de Libye, de Tunisie, d'Algérie, d’Égypte, mais aussi du Mali, du Maroc et de la Mauritanie, se trouvent à Syrte, Tripoli et Derna.

Le ministère de la défense a annoncé, mercredi 20 juillet, que trois militaires français avaient été tués en « service commandé » en Libye. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a salué « le courage et le dévouement de ces militaires engagés au service de la France, qui accomplissent, tous les jours, des missions dangereuses contre le terrorisme ».
« depuis environ six mois, des soldats sont avec les forces du général Haftar pour y effectuer du renseignement de proximité, précise la source française précédemment citée.
« L’Armée nationale libyenne (ANL) commandée par Haftar est l’embryon le plus sérieux de la future armée réunifiée. Il est normal de commencer à la cultiver », ajoute une source une source militaire française. Nous n’étions ni les seuls ni les premiers à arriver à Benghazi. Les Américains étaient là avant nous ».
Selon cette source, ces avancées militaires s’expliquent aussi par un actif soutien militaire de l’Egypte et des Emirats arabes unis.

Tiens donc !!

Continuons dans l'exploration de la barbouzosphère à partir des info que nous donne Le Monde et Médiapart :

 

« En ce moment, nous menons des opérations périlleuses de renseignement, a expliqué François Hollande, en marge d'un déplacement consacré à la réserve opérationnelle.Trois de nos soldats, qui étaient justement dans ces opérations, viennent de perdre la vie dans le cadre d'un accident d'hélicoptère. »

Comme l'explique Le Monde, l’appareil filmé, un hélicoptère d’attaque de fabrication russe, appartiendrait aux forces du général Khalifa Haftar, les seules à en disposer dans ce secteur. Ce qui confirmerait la discrète coopération militaire occidentale avec le général à la tête d’une coalition anti-islamiste qui s’oppose aux milices islamistes et djihadistes dans l’est du pays, ainsi qu’au gouvernement d’union nationale, installé à Tripoli. Officiellement, la communauté internationale ne reconnaît que le gouvernement d’union nationale.Selon l'agence de presse Associated press (AP), qui évoquait deux morts et non trois, mardi, ces militaires seraient décédés dans le crash de leur hélicoptère, abattu par une milice islamiste, dimanche à Benghazi. La Chambre des opérations pour la libération d’Ajdabya, un groupe armé lié à la Brigade de défense de Benghazi, avait affirmé, dès dimanche, avoir abattu l’appareil et a mis en ligne lundi sur les réseaux sociaux des images du crash.

Selon des sources libyennes citées par Reuters, des éléments des forces spéciales françaises conseillent notamment les troupes du chef de guerre Khalifa Haftar.

 

Et de nous refaire le coup de l'assistance désinterréssée par de gentils membres d'associations de bienfaisance, façon "Rainbow varior" juste un peu plus hard, ne demandant pas de déranger les députés déjà si contrariés par les rafales de 49.3 sans qu'on vienne les énerver avec nos 12.7, FAMAS et autres missiles air sol. 

 

Cette année, le gouvernement français avait fini par reconnaître la présence en Libye d'éléments des forces spéciales françaises pour aider les troupes légalistes face aux milices islamistes et aux forces de l’État islamique. « Les forces spéciales sont là, bien sûr, pour aider et faire en sorte que la France soit présente partout pour lutter contre les terroristes », a encore déclaré mercredi son porte-parole, Stéphane Le Foll, sur France Info.

Selon un correspondant de Reuters dans la région, ce sont les premières pertes officiellement reconnues de militaires occidentaux en Libye depuis que la présence de forces spéciales dans ce pays a été confirmée, cette année.

Cette annonce intervient deux mois après le lancement d'une vaste offensive des forces libyennes pour reprendre Syrte, la ville natale de Kadhafi et fief de ses partisans jusqu’après sa chute en 2011, où les combattants de l’EI (État islamique, ou Daech) ont fini par implanter leur bastion libyen. Cette présence a été facilitée par le chaos général et par la révolte des habitants contre l’ostracisme dont ils estimaient être les victimes de la part des nouveaux pouvoirs qui se disputaient le pays.

 

Les forces de Misrata, qui ont rapidement chassé l'EI des quelque 200 km de bande côtière dont les djihadistes s'étaient emparés à l'ouest de Syrte, progressent désormais prudemment après avoir perdu plus de 200 combattants dans la bataille. À l'est de Syrte, les brigades alliées à l'Armée nationale libyenne du général Khalifa Haftar combattent les islamistes sur un autre front à Benghazi. C'est donc sur ce deuxième front que sont morts les trois militaires français.

La presse précisant, Canaille le Rouge terminant là dessus :

la présence en Libye de militaires du commandement des opérations spéciales et d’agents du service action de la DGSE a apparemment provoqué un « coup de sang » chez le ministre français de la défense. Jean-Yves Le Drian a demandé à la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) d’ouvrir une « enquête pour compromission du secret défense ».

Au-delà de la nécessité de protéger « la sécurité des hommes et des opérations », invoquée par Jean-Yves Le Drian, il semble que le ministre ait jugé inopportune la révélation par Le Monde de la collaboration étroite entre Paris et Washington en matière de recherche et d’élimination des responsables de l’EI en Libye.

 

Ce n'est pas tant la mort des trois militaires qui lui pose problème mais que cela se sache.

La muette, parce que grande, doit le rester surtout quand le rôle de la France comme fer de lance de l'OTAN éclate ainsi en plein jour. Cela a le don de contrarier le ministre.

Rédigé par Canaille Lerouge

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