Retrait de la loi, oui mais quoi à sa place ?

Publié le 19 Juin 2016

Depuis vendredi ,

les grévistes par le clavier se déchaînent.

devinez contre qui ?

Retrait de la loi, oui mais quoi à sa place ?

Depuis vendredi, à la suite de la rencontre au ministère du travail de Philippe Martinez avec la préposée à la casse sociale et le constat d'un antagonisme irréductible entre les objectifs du pouvoir et les exigences revendicatives, un certain nombre de conseilleurs qui en termes de jours de grèves ne sont pas et de loin toujours les payeurs tentent de nous refaire le coup de 68 voir de 86-87 ou 95 d'une version actualisée d'un" CGT trahison".

Tout cela parce que puisque avenir du code du travail il est questio,n la CGT met sur la table ses propositions.

Notons, hommage du vice à la vertu que ce déchaînement se produit lors de la visite de Ph. Martinez et lui seul, d'autres ayant été reçu et n'ayant pas subi les mêmes foudres.
Venons sur le fond. Cette campagne est orchestrée autour d'un syllogisme classique : la loi est mauvaise, on ne veut pas de cette loi donc il ne faut pas de loi.

Demander le retrait de la loi de dumping social comme l'a qualifié le secrétaire général de la CGT et n'en rester qu'à cet objectif laisse quoi en place ?

La loi "El Khomry" supprimée, restent opérationnelle toutes les lois Fillon, l'ANI et les textes Rebsamen et Macron, la totalité des attaques contre le code du travail depuis Juppé, Jospin, Villepin jusqu'à Valls. C'est cela la revendication ? C'est cela l'exigence majoritairement partagée ?

Voilà ce que défendent en cognant sur Martinez et le texte qu'il a mis sur la table nos puristes du mot d'ordre. Manifestement, le plus grand nombre de nos contempteurs patentés chroniques de la CGT ne l'ont pas lu ou, ce qui serait une sorte de reconduction d'une vieille haine à la sauce 2016, ils en reviennent à leur priorisation des comportement sectaires contre l'action de masse. Avec de tels auxiliaires, le patronat peut se frotter les mains. La CFDT et son pâtre discrédités, la relève est assurée.

La Cgt a déposé son projet d'organisation de la base légale des relations contractuelles entre les salariés et le patronat. Il ne l'aurait pas fait, les mêmes servant la soupe de fait au PS aurait crié à la non-responsabilité de la CGT, à son débordement par sa base ou autre crétinerie habituelles permettant au pouvoir et au patronat de parler de contestation stérile et de refus de faire face aux réalités.

Argument de nos censeurs de gôôche : le projet de la CGT permet des dérogations à la hiérarchie des normes (hiérarchie que la CGT exige de voir inscrite dans le préambule d'une loi qui rend ainsi caducs toutes les tentatives de référendum et autres contournements du fait syndical et des normes internationales de l'OIT organisés par le patronat et des syndicats inféodés.

Sauf à la généralisation à tous les salariés de pratiques dérogatoires liées à la continuité des services publics, faut-il imposer à tous les salariés le travail de nuit, les dimanches et fêtes, le fractionnement des congés annuels, la réquisition en cas de situation de crises (inondations,cataclismes, tempêtes etc.) ou pourquoi pas les mois de travail continus sans repos comme dans la marine marchande, les journées de 12h00 comme les gardes dans la santé ? Faut-il supprimer les services publics ou les activités qui ne seraient pas inscriptibles dans ce socle ? ou doit-on dans une loi garantissant à 100% des salariés des conditions de vie et de travail meilleures la prise en compte et la compensation pour 15% d'entre eux des situations particulières répondant aux besoins des 85% autres et non à l'intérêt du capital ? 

Dans tous ces cas c'est historiquement régis par des accords dérogatoires, souvent au sein de statuts professionnels imposés par les luttes, inscrit dans un cadre légal où les mesures inférieures aux garanties du code du travail sont compensées par d'autres plus avantageuses (c'est ce qui dans le moment instruit la haine des Copé et autres contre les RTT et congés compensateurs). C'est cela que veulent nos puristes du retrait ?

A mettre des œillères anti-cgt nos hérauts de la pureté révolutionnaire en arrive donc de fait à demander à ce que rien ne change voire servent la soupe au patronat.

C'est la définition de la pensée réactionnaire.

Les plus expérimentés par l'accumulation des ans et des conflits n'en seront pas surpris.

Syndiqué à la CGT depuis pas mal d'années, c'est parce que pour ceux qui ont du boulot, pour ceux qui ont le droit constitutionnel d'en avoir un que Canaille le Rouge rejette une loi exigée par l'UE et imposée par le pouvoir pour servir le capital et qu'il exige un autre cadre, réaffirmé par une loi, qui consacre les droits des salariés face au clan patronal (privé comme public) et à ses auxiliaires ; tous ses auxiliaires.

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #lutte de classe, #cgt, #gauchisme, #loi, #code du travail

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