8 mai 1945 ne pas oublier les deux 8 mai dont celui là )

Publié le 8 Mai 2017

36° 09′ 00″ Nord

5° 26′ 00″ Est

8 mai1945 Sétif.

Le colonialisme aussi suffisant que brutal se déchaine.

Ce sera le début d'une longue marche de 18 ans pour que le peuple algérien gagne son indépendance.

Une guerre où la SFIO et un certain Mitterrand s'illustreront dans la duplicité, la répression sanglante des patriotes algériens, la traque des démocrates et des anticolonialistes, la torture et la guillotine, les massacres de populations civiles.

Plutôt que rechercher à faire original, Canaille le Rouge reprend en 2016 sa page de 2014 sans changer une virgule.

être communiste c'est en tous temps, tous lieux, être anticolonialiste, antiraciste, anti-impérialiste, antifasciste. 8 mai 2014, comptons-nous.

être communiste c'est en tous temps, tous lieux, être anticolonialiste, antiraciste, anti-impérialiste, antifasciste. 8 mai 2014, comptons-nous.

Le mardi 8 mai 1845, jour de la capitulation allemande, Sétif est pavoisée.

Notez la formule officielle : "les Algériens "sont autorisésà célébrer la victoire des Alliés".
A Sétif, la "manifestation autorisée" commence à envahir les rues dès 8 heures. Estimée à plus de 10 000 personnes, elle défile avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes « Libérez Messali Hadj », « Nous voulons être vos égaux » « ou « A bas le colonialisme ».

Ensuite ...

 

"Tôt dans la matinée, à Sétif, les Scouts musulmans, une organisation légale créée par le Parti du Peuple Algérien (PPA) se réunit pour aller déposer une gerbe aux pieds du monument aux morts, situé dans le quartier des Européens. Le Sous-préfet de la ville, Butterlin, qui s’oppose à toute manifestation à caractère politique, leur somme de ne pas porter d’armes, ni d’arborer de bannières revendiquant l’indépendance de l’Algérie. Alors que le cortège gros de 7 000 à 8 000 personnes arrive au quartier français, un drapeau algérien est levé par un jeune porteur de 20 ans. (l'histoire prouvera qu'il s'agissait du fanion des scouts algériens) Refusant de le baisser devant l’ordre français, l’homme est abattu, comme le maire de la ville, réputé modéré, qui tente de s’interposer. Une version des faits qui fait (alors)l’unanimité parmi les historiens (version maintenant discutée (Note de CleR ). Dans la fusillade qui s’ensuit, la foule se disperse et s’attaque aux Européens. Elle fait 27 victimes du côté français. La nouvelle se répand rapidement dans la province, où la population locale, majoritairement paysanne, sort crier révolte. C’est le début d’un soulèvement généralisé, dans plusieurs dizaines de villages du Constantinois, ainsi qu’à Blida et Berrouaghia dans l’Algerois, et Sidi-Bel-Abbès dans l’Oranais". (voila comment l'histoire est officiellement écrite).

La suite s'enchaine comme un cour théorique de l'école de guerre :

La Marine française pilonne les montagnes et leurs villages  au canon de 420 avec les obus qui n'ont jamais été tiré sur la Kriegsmarine.

Des bataillons entiers sont envoyés dans les campagnes pour "pacifier".

Pèle mêle on y trouve armées régulière, milices locales, nouveaux engagés de l'armée de la Libération, ceux de la légion étrangère peuplée de nouveaux arrivant aux étranges accents d'Europe centrale ayant fui devant l'Armée Rouge (pour quelles raisons) demandant l'incognito de la Légion ?

Les historiens français et algériens ont maintenant établi deux choses :

1) le jeune algérien abattu d'un coup de fusil n'a vraisemblablement pas sorti un drapeau algérien mais était un scout musulman qui portait son fanion de groupe au couleur de l'Islam et donc aussi de l'Algérie. Mais la peur d'un courant indépendantiste chez les pieds noirs  et un pouvoir colonial fortement imprégné des valeurs vichystes ou (et)  la recherche de l'alibi pour la provocation, étaient tel qu'un coup de feu à été tiré sur ce jeune qui a été tué.

Le fanion sous les balles devient drapeau.

2) La version officielle reprise sur Wikipédia est contesté. Si le commissaire de police de Sétif à bien tiré ce serait après un premier coup de feu. Ce coup de feu, pour les historiens, ce serait quasiment certain, a été tiré du premier étage d'une maison bourgeoise d'un pied noir connu pour ses comportements racistes. En tous cas rapidement  de multiples tirs dont ceux de la police sont parti de différents point au sol et des terrasse au dessus des arcades qui bordaient le cortèges.

Il n'y avait pas d'armes à feu parmi les algériens, ils ont réussi bien plus tard à s'en procurer pour se défendre (sources colloque  "8 mai 45 Sétif Guelma Kherrata" Hôtel de ville de Paris mai 2009).  

D'autre fusillades ont suivi et la population c'est servi des bâtons de marche (plusieurs heures pour venir jusqu'à Sétif et autant pour repartir)  pour se protéger et réagir en pourchassant les agresseurs.

L'engrenage souhaité par la frange la plus pétainiste des pieds noirs venait d'enclencher la spirale qui va faire que l'armée de la République libérée comportant dans ses rangs des héros de la libération en métropole va se comporter en Algérie comme la division "Das Reich".

Pour confirmer, un témoignage : http://pagesperso-orange.fr/jacques.morel67/ccfo/crimcol/node53.html

Le pire suivra:

Dans les gorges de Kherrata, la légion étrangère (et pas qu'elle, les milices et l'armée régulière) fusillera à tour de bras et jettera des centaines de corps dans des brasiers, des fours à chaux, des puits ou au fond des gorges. La même légion, signera en laissant les traces matérielles parfois infantilisantes de son passage qui sont toujours visibles sur les parois rocheuses, gravées et signées par les membres de ses unités engagées.

L'émissaire du Vatican le cardinal Roncalli (qui sera plus tard connu sous le nom de  Jean XXIII), en mission d'information sur place, dans une note diplomatique à Rome estime le minimum à 30 000 morts.

Les services de renseignement américain (la flotte américaine et britanniques sont présentes dans les ports du constantinois et assistent aux tirs de la marine française) donnent un chiffre qui oscille entre 30 et 45 000 mort.

Sachant qu'une part conséquente des assassinés (en particulier du côté de Kherrata) n'ont jamais pu être dénombrés de façon incontestable, les chiffres avancés par chaque estimation à plus valeur de plancher que de plafond.

Voila dans quel traquenard colonialiste a été engagé le contingent et fait mesurer ce qu'a été la place des jeunes communistes dans l'armée pour contrer le putsch des généraux une quinzaine d'années plus tard.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié dans #mémoire, #Histoire, #anticolonialisme, #internationalisme

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Le pédagogue 16/05/2016 13:54

Le pédagogue :

Dans les colonies, dites « ex-colonies » depuis « l’indépendance dans l’interdépendance », les métropoles poursuivent leur imposture.
(l’indépendance dans l’interdépendance, c’est le statut octroyé par le système colonialo-impérialo-sioniste, et qui s’est traduit dans les colonies par la multiplication des "États" supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de soumission et de servilité dans l’exécution des ordres des métropoles et autres employeurs.
Ces "États" sont fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la tyrannie, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain).
(On peut parler de ʺcolopolesʺ (contraction des mots "colonies" et "métropoles") afin d’illustrer les interventions des métropoles, en Afrique, et dans d’autres colonies, pour maintenir la domination et entretenir des régimes mis en place à cet effet).
En Afrique par exemple, la merde continue de gicler de partout.
Nauséabonde.
L’esclavage a fait des ravages.
Les crimes colonialistes n’ont rien épargné.
Le système colonialo-impérialo-sioniste alimente toujours, entretient, répand les ordures et la pourriture.
Les employés des colonies mis à la « tête » des « États » par les employeurs des métropoles contribuent à faire de ce continent une décharge d’immondices dans tous les domaines.
Ce qui a été appelé « l’indépendance dans l’interdépendance », n’a pas débarrassé les populations des colonies des massacres, des carnages, des destructions, des pillages, des génocides, des déportations, des enfermements, des viols, des tortures, des haines, des humiliations, des corruptions, des débauches, des horreurs et autres crimes.
La France, pour ne citer qu’elle, qui considère ce continent comme ses chiottes, saisit certaines occasions pour disserter sur les tas de droits (l’État de droit), l’étable de la loi (les tables de la loi), et autres, en maintenant les persécutions, les oppressions, les destructions, la domination.
Et au nom de ce qui est appelé « le devoir de mémoire », elle accorde une énorme importance aux commémorations d’autoglorification : flot constant de publications, de films, d’images, de conférences, de discours, de cérémonies, d’hommages, de décorations, célébrant « la grandeur universelle de la France éternelle » !
Pour ce qui est des horreurs contre des populations partout dans le monde, la France affiche l’orgueil, l’arrogance, le mépris et vante l’apport « civilisationnel » du système colonialo-impérialo-sioniste « qui continue de veiller sur les valeurs de l’humanité » !
De temps à autre, selon les besoins du moment, « les soldats indigènes » sont cités dans les « glorieux combats de la métropole » et la mort « pour la France ».
La vérité, que beaucoup continuent de travestir, est que la métropole a enrôlé, par centaines de milliers, des indigènes pour servir de chair à canon dans les massacres colonialistes et les guerres pour la défense les intérêts de la métropole.
Les colonies, leurs biens et leurs populations, font partie des intérêts des métropoles.

RBOBA 08/05/2016 23:56

Ces massacres perpétrés par les colons, les autorités coloniales(forcément comme aurait dit Marguerite Duras) et les soldats français du contingent rentrant d'Europe avec à leur côté, les soldats"indigènes" comme les nommaient alors les colons qui se qualifiaient eux, d'Algériens, ces massacres écrivais-je ont duré jusqu'au mois de septembre. L'armée bombardant des villages entiers, mettant le feu aux maisons, pillant les troupeaux etc...;Il y a une chose qui me chiffonne dans ce témoignage c'est le fait de dire que "ils ne revendiquaient pas l'indépendance mais demandaient à être égaux". Ce qui laisserait entendre que si encore ils avaient (osé) revendiquer leur indépendance, on aurait pu comprendre la réaction des toutes ces entités dans les massacres. Pour ce qui me concerne, j'ai assisté vendredi 6 mai, au Centre Culturel Algérien à la diffusion d'un documentaires intitulé : "L'autre mai 1945" tourné par une jeune documentariste algérienne née et résidant en France mais dont la famille est originaire de cette région où les massacres ont été commis et qui a pu recueillir le témoignage de survivants dont des hommes qui avaient fait Monté Cassino et étaient même allés jusqu'à Berlin et au retour avaient trouvé leur famille assassinée. Les témoignages disaient entre autre que les soldats indigènes avaient appris bien avant leur retour en Algérie ce qui s'était passé et avaient été enfermés dans les casernes pour les empêcher de réagir. Si ce film paraît sur grand écran (ce dont je doute) allez le voir. Moi qui croyais savoir beaucoup de choses sur ces massacres en ai appris encore bien plus.Et par exemple, que le drapeau tenu par le jeune scout abattu était bien un...........drapeau algérien ! Et non le fanion des scouts.